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 ~Yasashii~ DRAMA CLUB - Sugar-free version

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Tout-puissant


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Satsuki Yotsuba

▬ INSCRIPTION : 11/07/2006
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MessageSujet: ~Yasashii~ DRAMA CLUB - Sugar-free version   Lun 30 Juin - 14:19

…Ou comment AKHTS met ses présentations à jour parce que ça faisait décidément longtemps que je devais le faire.

SOMMAIRE

THE GOURMET
(Yotsuba Satsuki)

THE HIGHLY ILLOGICAL
(Alejo Tamao & Kyoui)

THE PERFECT IMPERFECT PALS
(Calpis Debouko & Ramune Enko)

さ迷い続けた暗闇の中 、手を伸ばしても指の隙間からすり抜けて


Dernière édition par Satsuki Yotsuba le Lun 30 Juin - 17:24, édité 4 fois
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Satsuki Yotsuba

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MessageSujet: Re: ~Yasashii~ DRAMA CLUB - Sugar-free version   Lun 30 Juin - 14:37


THE GOURMET

Vue de l'extérieur : Fille discrète et calme, communément surnommée "Sacchan" ; sa passion : la cuisine. Membre du club de cuisine et co-gérante du Chao Bao Zi. Semble avoir droit à l'affection et au respect de tout le monde. De bon conseil quand elle se décide à intervenir. Travailleuse, volonté de fer.

~~~

Nom : Yotsuba

Prénom : Satsuki

Âge : 14 ans

Groupe : Collégiens

Fonction : Élève n°30 de la classe de 2-A, intendante de la cuisine à Mahora, présidente du club cuisine et co-gérante du Chao Bao Zi.

Magicien ou non : Not really no…

Langues parlées : Japonais.

Façon de dire "Je" : Watashi.

Accent : Kantô.

Sentence ender : Yo / Ne.

Rêve pour l'avenir : Ouvrir son propre restaurant et rendre les gens heureux avec sa cuisine.

Santé : En tant que cuisinière, Sacchan connaît l'importance d'une alimentation saine et variée. Elle a aussi la conviction qu'un bon état d'esprit commence par une bonne santé, c'est pourquoi elle maintient un mode de vie aussi sain que possible, et encourage les autres à faire de même. À part son surpoids, on ne lui connaît pas la moindre irrégularité de santé.

Taille : 156 cm.

Poids : 73 kg.

Mensurations : 86/76/87.

Groupe sanguin : A.

Tics : Rien de particulier. Parfois, ses yeux s'arrondissent étrangement ce qui lui fait un drôle de regard un peu éteint... On appelle cela les "yeux en grains de riz", qui traduisent le plus souvent l'étonnement.

Traits physiques : Commençons par la tête. Étant plutôt enveloppée, Satsuki a par conséquent un visage rond ou tout est petit : ses yeux noirs avec un petit éclat en bas sur le côté, son nez, sa bouche, ce qui accentue la chubbiness de ses joues. Ses cheveux, châtain foncé tirant sur le brun, sont toujours relevés en deux couettes hautes sur les côtés, nouées par des rubans dont la couleur varie au fil des jours, restant malgré tout dans les tons de pastel. Satsuki a donc du petit ventre, mais ça ne l'empêche pas d'avoir une poitrine assez généreuse, ce qui semble normal au vu de son anatomie ; ceci dit, justement, ça ne se remarque pas trop, et donc, ça n'attire pas les regards. La plupart du temps, Satsuki est en uniforme ; pour la cuisine, elle a une tenue spéciale, une tunique blanche de cuisinière et une toque, avec une jupe lisse noire, ou bien elle porte tout simplement un tablier (pastel aussi) par-dessus son uniforme. Allez savoir pourquoi, on compare souvent Satsuki à un koala. Ou est-ce sa personnalité? Pas encore trouvé d'explication... Quant à sa voix, elle est douce avec un accent tokyoïte, car elle a étudié le plus clair de son temps dans la région de Tokyo ; elle place souvent des "yo" à la fin de ses phrases. Néanmoins, dès qu'elle se met à chanter, sa voix peut prendre des dimensions plus criardes. Enfin, elle chante pas beaucoup, cela dit. Elle préfère les "hm-hm-hm", c'est plus calme.

Caractère : Satsuki est une fille très calme, très posée et pacifique. La douceur incarnée. Elle ne supporte pas les bagarres, c'est d'ailleurs la seule chose qu'elle déteste vraiment et qui la mette en "colère" (donc qui provoque chez elle une tête de zombi meurtrier qui ne donne pas envie de risquer quoi que ce soit). Si c'est une fille très posée qui parle bas, marche lentement et est nonchalante de nature, elle peut aussi s'avérer très énergique quand il le faut. Elle sait stopper les bagarres comme personne, et d'une simple parole elle apaiserait la pire des brutes épaisses. Elle devine très bien également ce que ressentent les gens. Ses qualités pour la cuisine couplées avec sa faculté d'écoute d'autrui la font aisément passer candidate dans la catégorie de la future-épouse-modèle ; mais c'est encore trop tôt, et de toutes façons ce n'est pas à ça qu'elle pense.^^" Passionnée de cuisine, semblant avoir une prédilection pour les plats chinois, Satsuki se "tue au travail" chaque jour pour réaliser son rêve : "avoir mon propre restaurant et rendre les gens heureux avec ma cuisine". En effet, à l'écoute des autres, Satsuki donne une place très importante au bonheur des gens. Très mature et lucide, les pieds sur terre, elle a conscience que l'erreur est humaine et que rien ne sert de se torturer à la moindre petite bévue, au moindre petit point noir. Il faut continuer à vivre et avoir confiance! De niveau scolaire moyen, Satsuki préfère préparer des nikuman (et, accessoirement, les vendre à travers l'école, en tant que commerce ambulant en partenariat avec Chao) que de suivre en cours ; elle ne participe donc pas beaucoup en classe.
Il convient également de mentionner le rapport ambiguë de Satsuki avec la magie : elle est plus que probablement au courant de ce qui se passe, même si au fond elle n'en a jamais dit un mot à personne… Personne ne le lui a demandé après tout. On imagine que c'est auprès de Chao qu'elle a eu connaissance de la magie et de son utilisation possible avec la science. Toutefois, à part savoir piloter le wagon-stand du Chao Bao Zi en mode vol (c'est dire si elle le connaît par coeur!), on ignore si elle-même a des capacités dans ce domaine ou non. C'est peu probable, mais là encore, après tout, personne ne lui a rien demandé...

Aime :
-Les nikuman
-Les manjû
-La cuisine
-Que les autres gens apprécient sa cuisine
-Être à l'écoute des autres
-Aider les autres
-Les plats chinois
-Les onsen tamago
-Sourire
-La cuisine traditionnelle
-Ses rubans
-La nonchalance
-Travailler chaque jour à son rêve
-Le printemps
-Les fleurs sur les sous-vêtements
-Les cerisiers et leurs cerises
-L'eau chaude ou froide
-Le thé et ses cérémonies
-Rester calme et posée
-Balayer devant le stand
-Un petit coup de temps en temps
-Le sucre
-Les épices
-Des tas de bonnes choses
-*SBAF pour les derniers...*

N'aime pas :
-Mais alors PAS DU TOUT les bagarres!
-Par conséquent, on le suppose, tout ce qui touche à la compétition, dans le mauvais sens du terme.
-...Pour le reste, on ne sait pas trop... Elle a l'esprit plutôt ouvert...

Histoire :
Bon… On fera court cette fois… Commençons par l'entrée de Satsuki au collège. À l'époque, notre fille-koala avançait déjà à son rythme sur ses années de préadolescence, bien déterminée à poursuivre son rêve et à avancer dans la vie.
L'école Mahora, c'était un choix de ses parents. Elle, ça lui plaisait bien aussi, après tout. Paraît-il, on pouvait créer des clubs pour se recueillir dans sa passion, et il y avait beaucoup d'élèves. Satsuki commençait à faire des projets.
Elle entra donc en première année, classe A ; élève place 30. La classe comptait 30 élèves (31 en fait, mais vu que personne ne connaissait alors l'existence de Sayo...) et n'était pas prête de bouger. Ça avait l'air de personnes gentilles : et toutes trouvèrent rapidement Sacchan adorable. Pas seulement au sein de la classe. Le côté mignon, la bonne éducation et le charisme qu'elle avait hérités de son enfance savaient se faire apprécier de ceux qui pouvaient être amenés à faire sa rencontre.
C'est très vite au début de l'année qu'elle lança le projet d'un club de cuisine. Et aussi à cet instant-là, probablement, qu'elle se rapprocha réellement de Chao Lingshen.
Chao était venue dès le premier jour. Elle s'était débrouillée aussi pour ramener du monde. Elle avait fini vice-présidente tant elle rendait service au groupe.
Chao était chinoise (enfin, presque). Chao aimait la cuisine chinoise, et comptait bien faire connaître les plats de son pays. Chao était motivée, énergique, elle avait des projets. De temps en temps Chao arrêtait tout et se mettait à grommeler, dans le vide, sur des projets qui prenaient forme comme ça, dans sa tête, comme un film qui se développe... Chao avait de l'imagination. Chao était grande, Chao était brillante, Chao faisait ce qu'elle faisait à fond, Chao avait aimé Satsuki pour ses projets et ses centres d'intérêt, peut-être pour autre chose aussi mais ça, l'histoire ne le dit pas. Et Satsuki avait aimé Chao.
Elle avait aimé se consacrer de plus en plus à la cuisine chinoise, forme de cuisine qui la fascinait depuis petite, par son goût et ses caractéristiques particulières. Le fait que la farine, connue dans la cuisine en règle générale pour ajouter de la teneur à une préparation, rendait au contraire la pâte à nikuman moins ferme si on en rajoutait de trop la fascinait. Elle avait aimé apprendre, et continuer encore et encore à apprendre. Elle avait aimé d'autres personnes de sa classe. Elle avait aimé l'entourage de Chao. Kû-Fei, qui était chinoise aussi —elle commençait à se faire un entourage très... Chinois— et qui appréciait sa cuisine au point de vraiment lui faire plaisir, et Hakase, la scientifique, une fille extrêmement intelligente à qui seule Chao pouvait rafler la première place aux examens, une savante folle qui faisait pleuvoir des inventions de son esprit feu d'artifice, par exemple Chachamaru, que Satsuki avait aimée aussi, et qui serait par la suite à considérer comme sa collègue... De fil en aiguille, elle connaissait du monde, et se faisait connaître.
C'était ça, le club de cuisine. Et ce n'était pas prêt de s'arrêter. On en appréciait les performances. On appréciait le talent et l'implication de Satsuki. On lui demanda ses services en tant qu'intendante de la cuisine. Et Satsuki, qui avait du temps pour tout et de l'intérêt essentiellement pour ça, avait accepté.

Mais comme beaucoup le savent, les rêves se nourrissent de petites réalisations de petits rêves, les unes après les autres, et Satsuki et Chao, dans leur alliance absolue en tant qu'amies et associées, réfléchissaient déjà à un nouveau projet. Un restaurant, un vrai, c'était ça, leur but. Le problème était dans les capitaux.. Elles ne parvenaient pas à trouver l'argent nécessaire, et les quelques tentatives qu'elles firent se révélèrent inutiles. Alors, ce fut Chao qui trouva la bonne idée. Ou plutôt, Satsuki lui donna l'inspiration avec quelques paroles d'encouragements. Et Chao avait imaginé.
Elle avait encore marmonné les yeux fermés, seule avec sa tête, pendant un moment. Et la jeune fille aux deux couettes la regardait faire. Elle souriait. Elle savait que Chao avait trouvé.
Chao avait vraiment trouvé.
Un peu plus tard un petit groupe qui allait plus tard constituer le personnel du stand avait réussi à décrocher une licence et à récupérer un bâtiment. Enfin, un bâtiment... C'était à dire vrai un wagon de tram. Il faudrait trouver autre chose.
—Va pour les tables. Le dim-sum, les clients le mangeront le soir, en été, pendant le festival, tiens. Le dim-sum est un plat festif, il faut donc de la fête dans le coeur de celui qui le mange.
—Dim-sum?
—Oui, Satsuki et moi, on est d'accord pour dire que ce sera plus original si on les fait manger chinois.
Idée entendue et approuvée. Deux chinoises sur cinq membres du personnel dans un pays qui s'appelait Japon et non pas Chine, il fallait bien ça.
—Et comment on va l'appeler?
Chao avait choisi le nom.
—C'est un nom qui va de soi, avait-elle commenté.
Mais ça sonnait bien. Une nouvelle petite réalisation de petit rêve voyait le jour.

Ce faisant, vraisemblablement, plus cela allait et plus Satsuki finissait, à force de fréquenter Satomi, Chachamaru et surtout Chao, par en savoir de plus en plus sur le monde de la magie. Comment exactement en avait-elle appris l'existence? Jusqu'à où s'étendaient ses connaissances? Quand avait-elle réalisé que le Chao Bao Zi était encore bien plus qu'un simple wagon-stand, et plus surprenant encore, quand diable avait-elle appris à le piloter?
Ces nombreuses questions sont toujours demeurées sans réponse. Comme à peu près tout le temps et en toute situation depuis le début du collège et de ses sérieuses activités dans le domaine de la cuisine, Satsuki avait pris le parti de rester simple observatrice, et de ne se mêler des affaires des autres que si on le lui demandait, ou si elle le jugeait expressément nécessaire. Pas de troubles exagérés, pas de vagues ; la fille-koala avait constaté depuis un bout de temps que le commun des mortels s'amusait suffisamment à en faire, des vagues peu nécessaires, et c'était parfois amusant, mais parfois sacrément ennuyeux. Après tout —plus elle y pensait et plus cela se confirmait— n'était-ce pas là précisément l'une des raisons principales derrière les agissements de Chao?
Peu importait ; elle se contenterait de jouer son propre rôle. Ses interventions, d'ailleurs, si interventions il y avait, ne dépendraient que d'elle-même. Satsuki avait en effet depuis un bout de temps nourri la conviction que, peu importe les motifs qui se trouvaient derrière une action et sa portée morale, tant qu'on avait en soi une force qui la poussait, sa force propre, et celle de personne d'autre, cela ne pouvait pas être une mauvaise chose.
C'est parfois une leçon plutôt rassurante à se rappeler, pas vrai, p'tit Negi? ;3

~~~

CODIFICATION

Paroles
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Pensées

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Dernière édition par Satsuki Yotsuba le Lun 1 Sep - 18:04, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: ~Yasashii~ DRAMA CLUB - Sugar-free version   Lun 30 Juin - 14:47


THE HIGHLY ILLOGICAL

Vus de l'extérieur : Collégien petit pour son âge, très moche, look exagérément geek ; cynique au demeurant, pas très sympathique, pas très affable, panique facilement. Raconte souvent qu'il en a vu des vertes et des pas mûres à Mahora. S'occupe d'une androïde construite par le club de robotique de l'université de Mahora. Heureusement qu'elle est là pour compenser : naturel amical, curieuse, semble parfois peu comprendre les principes humains fondamentaux, mais ça ne l'empêche pas de beaucoup s'y intéresser. Très (trop) patiente avec son "petit maître", probablement.

~~~

Nom : Alejo

Prénom : Tamao

Âge : 14 ans

Groupe : Collégiens

Fonction : Élève de la classe 2-C.

Magicien ou non : Peut-on dire ça? Nooon, Tamao n'est pas magicien. Juste vampire malgré lui.

Langues parlées : Japonais.

Façon de dire "Je" : Boku.

Accent : Osaka.

Sentence ender : Ya.

Rêve pour l'avenir : …Survivre. Good grief, survivre, ce sera déjà pas mal.

Santé : Tamao a beau avoir tous les moyens à disposition pour ne pas l'être, il est malgré tout toujours en retard pour tout. Cela provoque chez lui un rythme à cent à l'heure, qui le fait manger vite, se laver vite, et dormir peu. Il passe le plus clair de son temps à utiliser, construire ou réparer des machines. Il est également très myope et ne voit quasiment rien sans ses lunettes.

Taille : 140 cm environ.

Tics : De langage : "Euhow, ahaw, huw", etc.. Se gratter l'arrière de la tête quand il est gêné, agir hypocritement avec un énorme sourire forcé, et aussi, les antennes des deux côtés de sa casquette peuvent parfois bouger lorsqu'il ressent une grosse émotion.

Traits physiques : Tête de taupe, comme je l'appelle. Dans le visage de Tamao, tout est rond : la forme, son nez, ses grosses lunettes, etc. Ajoutez à ça une bouche dynamique dont la taille se module en fonction des expressions : sourire en croissant de lune ou étonnement du poisson rouge, c'est un personnage très expressif qui fait tout transparaître en exagéré. Si la forme de la tête de Tamao pourrait suggérer un corps un peu enveloppé, il n'en est rien, puisque ce dernier est en fait plutôt maigrichon, presque un peu déformé par endroits à cause de ses grandes mains et ses grands pieds. Petit (il fait jeune pour son âge), intello et souffre-douleur type par son physique, aucun muscle apparent, c'est un garçon sans aucune virilité apparente, ce qui ferait presque pitié. On le voit toujours avec une casquette rouge à oreillettes et antennes (futuriste, basically), un T-shirt à doubles manches, les longues oranges et les courtes vertes et une "vis" sur chaque épaule, un short dont une sorte de caleçon noir dépasse toujours un peu au niveau des jambes et des grosses pompes moches. Il semble ne pas varier beaucoup. En dessous de sa casquette, ses cheveux, pour parfaire sa laideur, sont gris et ras, une vraie horreur d'une couleur flippante. Quant à ses yeux, sous ses lunettes, ils sont d'un brun difficilement sondable tant ils sont minuscules (les lunettes faisant effet de loupe au demeurant). En fait, il ressemble plus à un gamin qu'à un adolescent pour ainsi dire, mais ça semble convenir à sa personnalité qui parfois est en un sens, on ne peut pas éviter de le dire, immature. De plus, depuis qu'il est devenu vampire, ça ne semble pas avoir arrangé ses problèmes de croissance et ça ne l'aide pas à grandir beaucoup. Pour tout dire, il n'a même toujours pas mué.

Caractère : Comme il a grandi à Metro, et aussi en fonction de son caractère personnel évidemment, Tamao est dingue d'high-tech et des dernières technologies. Dans son esprit, ses VIP à lui sont les grands chercheurs d'ici ou d'ailleurs et les inventions de la dernière génération, à coeur artificiel ou pas. D'abord effrayé par cet endroit qu'est Mahora et où rien n'est explicable scientifiquement, Tamao semble peu à peu s'habituer à sa nouvelle vie, puisqu'apparemment, "il n'a pas le choix". Malgré tout, ça n'a pas fait de lui le plus courageux des courageux, et si quelque chose d'inexplicable scientifiquement ou d'un peu inquiétant et inconnu survient, le fameux "Arrête de flipper, Tamao!" sorti par l'un de ses amis d'enfance reste d'actualité ; c'est pour ça qu'il est souvent qualifié de "faible". À cause d'un petit trop-plein d'une gentillesse maladroite (oui, il est aussi très maladroit, physiquement comme moralement d'ailleurs) il est facilement persuasible ou manipulable si on le connaît un peu. Du moins il l'était, plus souvent, autrefois —ses mauvaises expériences à Mahora le poussent à l'être de moins en moins, en réalité. On peut même dire que depuis qu'il est à Mahora il sourit beaucoup moins qu'avant, et passerait aisément pour le type le plus blasé du monde. Sa méfiance et son égoïsme ont d'ailleurs significativement augmenté. Pour lui, cette école reste un "asile de fous ou à fabriquer des fous, c'est à vous de choisir".
En mode vampire, en revanche, si l'on peut le dire ainsi, Tamao se dérouille toutefois un peu par rapport à son statu quo de complexé. Plus détendu, plus sûr de lui, il a, étrangement, ce côté séduisant qu'ont tous les vampires, et n'a pas peur de parler, d'attirer à lui… Ou de traiter les autres de haut, d'ailleurs. Conscient du fait que sa nature vampirique lui est inhérente et qu'il ne peut rien faire pour y changer quoi que ce soit, il refuse d'ailleurs catégoriquement, lorsque ses instincts sont en éveil, d'être traité comme une personne autre que Tamao lui-même, comme une entité qui le possèderait. Passer d'un garçon normal à une créature assoiffée de sang ne fait pas de lui une autre personne, pour ainsi dire, selon son opinion. Enfin… Selon son opinion en tant que vampire, c'est-à-dire. Lorsqu'il est revenu à son état "normal", son déni reprend le dessus et c'est une autre affaire… Drôle de méli-mélo.

Instrument de musique pratiqué : guitare.

Aime :
-La mécanique
-Voler dans le ciel
-Les biscottes
-Les filles en cosplay
-Misaki, sa petite amie, et comme un dingue d'ailleurs
-Les fraises
-Les casquettes
-Le football
-Être curieux
-Ricaner (TRÈS discrètement)
-La robotique
-Croiser les bras derrière sa tête
-Les petites culottes
-Le sang
-Ce qui est rond

N'aime pas :
-Qu'on lui tape dessus
-Les poteaux électriques
-Qu'on se moque de lui
-Saigner du nez
-Perdre ses lunettes
-La fée Clochette et Peter Pan
-Se tenir sans bouger
-Les choses en forme de ficelle

Histoire :
••• Albert Koho •••

Albert Koho...? Mais qui c'est, cet Albert Koho? Eh bien, tout commence à Aden, dans les années 50. Le jeune Albert naît en effet en 1955 et est ensuite envoyé sur le continent pour ses études, dans l'école blanche de la communauté. Là, il étudie entouré d'enfants tels que Pierre, Mary ou encore Kenichi —par coïncidence quasiment le même nom que l'un des camarades de classe, bien plus tard, de Tamao. Alors que les jeunes vont dans leurs années collège-lycée, débarque par hasard sur les côtes d'Aden un lionceau à la fourrure toute blanche. Le jeune Albert, qui ressemble alors beaucoup, physiquement, à Tamao, est à ce moment un dévoreur de livres qui se prend d'un intérêt marqué pour cet animal qui, selon ses anthologies, est une véritable légende autrefois vénérée par les Egyptiens. Dans un autre ordre d'idées, le Kenichi sus-cité recueille le lion blanc qu'il baptise Leo et profite d'une occasion de se rendre en Afrique même pour emmener avec lui le jeune lionceau afin qu'il ait un aperçu de son pays natal. Là-bas, lui et quelques autres personnes se retrouvent portées disparues, ce qui s'ébruite jusque dans le journal d'Aden. Albert, mis au courant, s'inquiète alors pour son ami. Finalement, il apparaît que Moustache, oncle de Kenichi comme je l'ai déjà dit, le rejoint et le retrouve en Afrique comme un protecteur de la faune et des lions blancs ; Kenichi a appris durant tout ce temps à vivre en communauté avec eux, quant à Leo le lion blanc, il a bien grandi... Mais tout cela reste un point flou, car Albert Koho, tout de même notre intéressé numéro 1, ne sait rien de tout cela. Ayant alors perdu de vue Kenichi tout comme tout ce qui se rapporte à lui, il s'est concentré sur ses études de vétérinaire.

C'est tout à fait par hasard, bien des années plus tard, alors qu'il fait sa vingtaine, que le jeune homme rencontre de nouveau Moustache sur un bateau en partance pour l'Afrique : lui partait en mission là-bas avec une équipe d'assistants, le vieil oncle, de son côté, s'était retrouvé là suite à une méprise et à une contrefaçon, histoire dans laquelle Albert se chargea de le blanchir. Mais ce n'était pas plus mal ; Moustache trouva alors l'occasion de revoir Leo en passant par la jungle ou le lion blanc grandissait, et Albert et lui constatèrent avec horreur que sévissait là-bas une épidémie qui décimait cruellement la faune. Mobilisant ses assistants, Albert Koho se fit un défi d'élaborer un antidote et sauver la communauté animale que gouvernait Leo. Ce ne fut pas sans mal. Il fallut aller chercher des ingrédients dans des régions dangereuses. Il fallut fabriquer des seringues sur place pour des animaux plus gros. Il fallut supporter les sautes d'humeur du lion blanc, qui, avec effroi, assistait à la contamination de sa propre fille, une jeune lionne toute aussi blanche ; par ailleurs le fils du lion, un autre lionceau, avait été enlevé à New-York et exploité là-bas par Adam Dandy. Et pourtant, il y réussit, ainsi que ses assistants, avec brio, et ce fut ainsi sa première victoire autonome en tant que vétérinaire. Décidant de s'établir là quelques temps, Albert put alors tranquillement s'intéresser au cas des lions blancs.  Un cas rarissime, et d'ailleurs, peut-être —quoi que personne, dans cette société exempte de surnaturel, n'aurait pu émettre une telle hypothèse— due à une form de magie quelconque qui se serait manifestée sous une forme étrange : sous l'éducation de Kenichi, Leo, pourtant un animal bien de chair et d'os, s'était humanisé, copiait les moeurs des hommes et... Parlait même leur langage! —Ce qui, cependant, racontait Leo, fut une chose difficile à entreprendre.— Le lion avait installé au sein de la jungle où il vivait une véritable société, où l'on distinguait même quelques sortes de ministres et de conseillers. Albert fut tout à fait frappé par cette découverte et, fasciné par les lions blancs, oublia tout le reste et décida en hâte de s'établir dans la région pour vivre aux côtés des lions blancs. Ses assistants les plus dévoués le suivirent. Pour Moustache, ce fut autre chose... Plusieurs fois, dans les jours qui suivirent, ils se disputèrent longuement. Le jeune vétérinaire voulait convaincre Moustache de rester ; le vieil homme disait qu'il y avait déjà laissé trop de plumes.
Finalement, vint l'affaire folle qui convainquit Albert de renoncer à obliger qui que ce soit à rester. En plus de ses propres controverses avec le vieillard, le jeune scientifique vit arriver sur les lieux un chercheur réputé qui recherchait Moustache, travaillant pour la nationalité de ce dernier : le docteur Moins ; ce dernier s'intéressait tout particulièrement à une affaire minérale qui englobait le territoire où justement Albert s'était établi à présent. En effet, non-loin de l'endroit où il vivait à présent précairement, se trouvait l'un des plus hauts pics du Kilimandjaro, le Mont Moon. Pic légendaire, car il était peu notifié, et les indigènes du coin en disaient que c'était un pic fantôme, qui apparaissait et disparaissait. Or, c'était aussi uniquement sur ce pic que se trouvait un minéral d'une valeur inestimable, qui dépassait le diamant, une pierre que l'on avait baptisée la Moonlight et sur laquelle bien des scientifiques avaient déjà posé les yeux. Le docteur Moins commit la folie d'organiser une expédition pour extraire un maximum d'échantillons du minerai précieux. D'ailleurs, il se disputa à ce sujet avec Moustache, comme avec Albert.
Le scientifique faisait alors des recherches sur la viande artificielle et avait toujours dans l'idée de rester bien établi là où il était. Par ailleurs, comme il était loin d'être le dernier des idiots, il comprenait bien que Moins voyait là une occasion aussi pour faire gonfler la puissance politique et militaire de son pays natal par le biais de la possession d'une telle richesse. Avec une guerre à la clé, qui sait? Il refusa donc fermement de prendre part à tout cela, mais au final, il fut le seul. Les assistants qui étaient venus avec lui, étant du même pays que Moins, comprirent l'intérêt et le suivirent. L'expédition eut finalement lieu. Un véritable désastre qui causa la mort de presque tous les hommes qui y prirent part. Même Leo, qui avait eu le courage d'accompagner les membres de l'expédition, succomba, les yeux brûlés et transi de froid. Lorsqu'Albert comprit l'ampleur de la bêtise que Moins avait commise, craignant encore plus de dégâts humains, il abandonna l'idée de laisser qui que ce soit plus longtemps dans un endroit aussi dangereux. Il renvoya les survivants chez eux, Moustache y compris, comptant rester seul, mais malgré tout escorté par les dévoués Calpis et Ramune.

Dans les semaines qui suivirent, Albert, Calpis et Ramune vécurent donc seuls dans la précarité, au milieu des animaux et de la société établie par Leo, observant, et en apprenant plus chaque jour. Albert réfléchissait. À présent que Leo était mort, il n'y avait plus vraiment de patriarche pour protéger cette superbe communauté créée par les lions blancs. Or il fallait la préserver, car elle était aussi précieuse scientifiquement qu'humainement! Il prit alors sa décision : il allait décrocher la licence nécessaire et fonder une réserve naturelle sur le site dont il prendrait soin avec l'aide de Calpis et Ramune. Quelques mois plus tard, rendus en 1986, son rêve était réalisé, pour sa plus grande joie. Et plutôt au grand dam d'Adam Dandy, qui, ayant suivi cette affaire de loin, espérait à présent que son attraction-phare avait fui l'Amérique, s'emparer d'autres lions blancs sur leur propre territoire à la première occasion...
Mais intéressons-nous plutôt directement à Albert. À présent propriétaire de la réserve naturelle des lions blancs, il engagea finalement en 1988 quelques membres de personnel plus ou moins bénévoles, la plupart jeunes vétos ou assistants de vétos comme lui, qui arrivèrent un peu de partout dans le globe avec motivation et bonne foi. Parmi eux, une japonaise, Sachiyo Nakamura, qui démontrait un professionnalisme particulier et aussi un don pour apporter une ambiance chaleureuse au sein du groupe majoritairement composé d'hommes. C'était par ailleurs une très belle femme, assez fragile de santé mais pourtant d'un courage et d'une ardeur au travail exemplaires. Albert tomba amoureux. C'était un amour tout simple, mais ils étaient heureux comme ça. Un an et demi plus tard, ils célébraient leur mariage sans plus d'hésitations en Afrique même, sans quitter le domaine du refuge, et menèrent par la suite plusieurs années de vie commune en tant que conjoints et collègues. Tout l'entourage de la réserve s'en réjouissait pour eux.

Puis, il y a à présent à peu près quinze ou seize ans de cela, Sachiyo tomba enceinte. Elle et Albert, ainsi que tout le personnel, étaient en véritable liesse. Mais un tel bonheur ne pouvait pas durer. Alors que l'accouchement approchait à grands pas, Albert se refusait totalement à rejoindre la communauté pour qu'on s'occupe de sa femme dans un hôpital digne de ce nom. Pas question d'abandonner la réserve! Il avait son doctorat, il se chargerait lui-même de l'accouchement de Sachiyo! Mais tout ne se passa pas comme prévu. Alors, le fameux jour de la naissance de son fils, Sachiyo ne survécut pas à l'épreuve de l'accouchement. Albert ne put rien faire ; il aurait dû se rendre à l'évidence, il était vétérinaire et non pas médecinr. Et alors que le petit garçon respirait ses premières bouffées d'air, toussant et pleurant comme le font tous les nouveaux-nés, sa malheureuse mère rendait son dernier souffle.
Pour Albert, ce fut une grande joie mélangée à une tristesse sans bornes. Cependant, alors que la présence de l'enfant prenait plus d'ampleur dans son esprit, le choc provoqué par la mort de sa femme lui sautait à la gorge. Pour ne pas sombrer dans la déprime, il s'accrochait comme une bouée de sauvetage à ce bébé, son fils unique, la seule consolation qui lui restait. Ses collègues constataient avec un plaisir mitigé que le petit restait la seule consolation de leur supérieur. Il ne fallait malgré tout pas écarter le fait que plus le temps passait, plus les jours après la mort de Sachiyo s'écoulaient, et plus Albert, qui canalisait presque toutes ses raisons de vivre dans son enfant, s'enfermait peu à peu dans une réalité illusoire qui ressemblait un peu à celle d'un blessé qui s'injecte de la morphine. Il se constituait à la fois père et mère du garçon, et semblait par moments ne vivre plus que pour lui. Qu'il soit éloigné de son fils, quelques temps, et il s'enfermait de nouveau dans une mélancolie qui passait parfois par les soupirs, d'autres fois, plus tristement, par l'alcool.
Finalement, alors que le petit garçon venait d'avoir deux ans, le second malheur frappa Albert de plein fouet. L'enfant disparut. Albert n'eut de cesse de rechercher son fils, ignorant totalement ce qui pouvait avoir causé cette disparition, et comment il le retrouverait. Finalement, on le prévint par téléphone, directement à la réserve, que son fils avait été retrouvé mort, quelque part dans l'une des jungles qui bordaient le grand territoire des lions blancs. Albert, complètement sonné par cette nouvelle, reçut encore un peu plus tard des photos qui prouvaient les faits. Un massacre. Le corps du petit ensanglanté, laissant déborder chair et os, déchiqueté, et pourtant dans une position comme s'il était endormi, les yeux fermés, il le voyait clairement, et les poings serrés. Mais le malheureux, ça ne faisait aucun doute qu'il était bel et bien mort. Massacré. Par une quelconque bête sauvage. Comment avait-il pu se retrouver là, on l'ignorait, mais les faits étaient formels. Pauvre petite chose.
Albert sombra cette fois dans la déprime la plus noire et passa les mois qui suivirent à se droguer, à boire sans compter et à se laisser dépérir en vivant de façon tout à fait incorrecte. On ignore exactement comment, mais Albert Koho, abattu par la mort de sa chère Sachiyo puis ensuite celle de Tamao, finit à son tour par se laisser dépérir de chagrin, plusieurs mois, donc, après ce coup de téléphone.


••• Adam Dandy •••

Adam Dandy n'imaginait pas que ce petit stratagème ferait autant d'effet. Non, pas à ce point-là, non. D'ailleurs ça avait été plutôt ennuyeux pour lui. Il avait pour principe de faire mordre la poussière aux gens, de les pousser plus bas que terre, de leur extorquer absolument tout ce qu'il voulait, mais tuer, ça, non. Enfin. Ce n'était pas vraiment lui qui avait "tué" Albert Koho. Il s'était tué tout seul, en fin de compte, et ça, tout le monde le savait. Donc, Adam Dandy ne tuait pas. C'était bien pour ça aussi qu'il n'avait pas touché à la vie de ce bébé. Ce mouflet à nez rond qu'il avait enlevé, bien entendu. Il n'aurait pas pensé, tout de même, que Koho se serait laissé embobiner aussi facilement. Il devait être sérieusement atteint. Mais cela arrangeait plutôt les choses pour lui, après tout...
Plusieurs années plus tôt, Adam avait convié Albert dans son bureau, pour tenter de lui racheter le territoire et le patrimoine de la réserve. Chose qu'évidemment Albert avait refusée tout net. Alors Adam, qui non content de n'être pas bête, était déterminé, avait trouvé un compromis. Grâce à des arguments oratoires bien ficelés dont il avait le secret, il lui avait fait signer un contrat qui le mettait déjà dans une meilleure position. Le papier spécifiait que la réserve reviendrait officiellement et uniquement à un héritier de sang d'Albert Koho, si tant est qu'il en avait un ; dans le cas contraire, ou plutôt, plus précisément, si l'héritier ne se présentait pas à la candidature dans les vingt ans qui suivaient la mort d'Albert Koho, c'était lui, Adam Dandy, qui remportait le jackpot. Albert avait signé. Mais il était trop tôt pour Adam pour se frotter les mains. Il imaginait bien qu'Albert s'en trouverait un, d'héritier, il savait bien à quel point il était récalcitrant à l'idée de lui céder les lions blancs. Adam Dandy n'avait pas très bien joué sur ce coup-là, et Albert savait. Il savait très bien ce qu'il allait faire de ces lions. Des phénomènes de foire. C'était les réduire à bien peu de chose. Mais tel était le business de Mister Dandy.
Il avait donc attendu son heure. Et en attendant, il cherchait parmi ses nombreuses connaissances un couple sans enfant qui cherchait à en avoir. Il envoya des espions. Si dégoûtant que cela pouvait paraître, il se préparait à faire du commerce d'enfant. Il lui suffirait d'attendre sans plus de manifestation la naissance du mouflet, pour l'enlever en faisant du travail bien propre et faire prétendre sa mort. Adam Dandy avait une petite spécialité : il aimait mettre tous ses moyens dans le déguisement des gens, créant ainsi des quiproquos, des contrefaçons, des méprises. Ça faisait toujours son petit effet. Et le grand acteur de ce coup-là était le bébé. Un bébé qu'ils avaient joyeusement déguisé en maccabée. Adam Dandy avait des relations partout, et notamment il connaissait les experts quand il s'agissait d'effets spéciaux. On avait endormi l'enfant qui ne se doutait de rien, et on l'avait badigeonné de faux sang, couvert de fausses tripes et de fausse chair éparpillées sur lui et autour de lui, on l'avait transformé en parfait petit cadavre de nouveau-né. On avait appelé Albert. On avait pris des photos du petit qu'on lui avait envoyées. Et Albert avait cru. Et il s'était laissé dépérir.

Une affaire rondement menée. Tout le monde croyait déjà l'héritier mort, il suffisait pour parfaire la chose de le faire disparaître dans la nature. Sans tuer, selon le principe d'Adam. Mais Tamao n'était qu'un bébé. C'est facile de changer l'identité d'un bébé. Et tout était déjà prévu. Une famille d'accueil plus ou moins naïve attendait un petit orphelin "dont les parents ne pouvaient pas s'occuper", bien qu'elle sache certains bouts de l'affaire : que cela rendait service à Adam Dandy, que dans le public cet enfant devait être ABSOLUMENT leur enfant biologique, que personne ne devait savoir... Ça suffisait pour savoir qu'il y avait anguille sous roche. Mais les futurs parents de Tamao se gardaient bien de se plaindre ; en effet, cela faisait des années qu'ils ne parvenaient pas à avoir d'enfant et ce fils tombé du ciel était pour eux une vraie bénédiction.
En attendant que toute la procédure se fasse, Adam parlait au bébé.
—Alors, dis donc, toi... Tamao, c'est bien ça? Tamao Koho.
Il le tenait à bout de bras et le bébé le fixait de ses petits yeux curieux. Vraiment minuscules, ces yeux-là. C'était presque impossible de déceler leur couleur. Il le tenait donc à bout de bras. C'était son jouet. L'objet maître de son triomphe sur Albert Koho.
—C'est joli, ça, Tamao. Eh bien, Tamao tu étais, Tamao tu resteras, petit homme. Mais hélas, tu ne peux pas rester Koho. Sinon ça contrecarrerait tous les plans de tonton Dandy... Tu comprends? Non, tu comprends pas. Tu n'es qu'un bébé. Tu auras bientôt tout oublié de tout ça. C'est vraiment délicieux.
Tout se passait à merveille et le bébé qui n'y comprenait rien à rien en était la preuve vivante. Même cette petite marionnette si utile allait oublier son utilité. Le crime parfait, un de plus. Adam était fier de lui.
—Tu verras, tu te plairas là où je vais t'emmener. Là où tu grandiras. Tu deviendras Tamao Alejo. Tu verras, ce sera un vrai bonheur. Pour toi comme pour tes chers parents. Madame Alejo ne parvient pas à tomber enceinte et ça fait pas mal de temps pourtant que ces deux-là essayent. Avec Adam Dandy, paf! Plus de problèmes! Je leur amène un bébé tout chaud sorti du ventre d'une morte. Fils de deux morts! Deux morts naturels encore. J'ai une chance folle, moi, dis donc.
Adam se régalait déjà de son triomphe. En plus il ferait le bonheur de ce bébé, et de la petite populace sénile. Le diable qui bénit les petites gens, charmant tableau, n'est-ce pas?
—Je t'emmène, mon cher Tamao, dans une ville formidable : elle est lumineuse, elle est avancée technologiquement, et elle n'est pas sur les cartes conventionnelles! La ville parfaite. Metro-City, elle s'appelle. 50% d'humains, 50% de robots. Ça m'a tout l'air d'être une ville au bonheur des intellos, ça. Tu vas aimer. Ouais, Tamao, tu vas aimer la ville des intellos. T'es même pas encore tout formé que t'as déjà une dégaine de grosse tête. Alors, qu'est-ce que tu dis de ça, Bébé-Grosse-Tête?
Et il avait ri aux éclats.

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Dernière édition par Satsuki Yotsuba le Lun 30 Juin - 17:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: ~Yasashii~ DRAMA CLUB - Sugar-free version   Lun 30 Juin - 15:46

••• Tetsuwan Atom •••

Oui, Tamao avait donc fini en enfant adopté qui s'ignore. Mais détrompez-vous. C'est loin d'être le stéréotype de l'enfant adopté malheureux qui vit lové dans un mystère des plus obscurs, oui, bien loin de là. Car Tamao, devenu Tamao Alejo, vécut heureux.
Tamao passa, comme le plan de Dandy l'énonçait déjà, sa jeunesse à Metro-City, une cité futuriste dans un endroit coupé du Japon, très modernisée, faisant presque penser davantage aux alentours de l'an 3000 ; Metro était peuplée à 50% d'humains et à 50% de robots et autres androïdes. Tamao fut, à l'école, le petit intello souffre-douleur mais amusant de sa classe. Il grandit sans encombre, sans nuage. À ses neuf ans, s'inscrivit dans leur école le tout premier prototype d'androïde doté d'un coeur artificiel à Metro. Très vite, Tamao s'en fit un ami, même si malheureusement tout cela ne fut pas sans suite... En effet, à l'aube des dix ans de Tamao éclata à Metro-City la première guerre civile opposant les robots à IA aux humains récalcitrants. À la tête du clan anti-robotique, Lump Acetylayne, assisté du docteur Kâto et d'un certain Katari, plutôt inconnu aux yeux de Tamao (ce dernier acolyte mourrait d'ailleurs au paroxysme de la guerre). À l'opposé, le groupe Tokugawa (fournisseur en électricité de la ville) et le Ministère des Sciences, qui travaillait depuis des années à l'élaboration de coeurs artificiels. Du côté du mouvement en faveur des IA, Tamao ne put, en revanche, que participer, en tant que mineur, aux manifestations massives et parfois même violentes. Mais bon, apparemment, il s'en est sorti (XD).
Quelques mois plus tard, le clan favorable aux IA gagna la guerre, qui se termina par l'incarcération de Lump Acetylayne et, par la même occasion, la disparition du renommé mais aussi redouté professeur Tenma, créateur original du premier androïde avec un coeur artificiel de Metro et issu du Ministère des Sciences, un misanthrope de la part duquel on craignait un retournement qui entraîne la quasi-destruction de la race humaine (quoique ce soit un peu exagéré, Tenma voulait tout simplement couper tout contact avec les humains). Les deux clans avaient donc chacun perdu leur "pilier principal", si on peut dire. La guerre était terminée. Lump Acetylayne avait perdu son influence qui lui valait ses nombreux alliés ; très vite, la population humaine retrouva confiance en la population robotique. C'était le retour de la paix, et l'on établit, peu après les événements, une loi annonçant l'égalité dans le territoire entre les humains et les intelligences artificielles, sous-entendant une égalité de fonctions, de droits, de considération. Les discriminations n'étaient plus tolérées. La loi fut inaugurée en beauté par la succession au poste de patron du groupe Tokugawa d'un robot, Daichi Tokugawa ex-Atlas ex-Daichi Tokugawa, preuve vivante de cette nouvelle égalité.
Mais, me direz-vous, pourquoi je raconte tout ça si ça n'a aucun rapport avec Tamao? Probablement, tout simplement, parce qu'il a vécu tout ça, et d'assez près d'ailleurs en tant qu'ami du fameux robot IA Atom, en cette période-là au coeur de l'action, encouragé autant que controversé. Même s'il ne s'est pas mouillé beaucoup, il a quand même agi un minimum, et a bel et bien vécu ce conflit.

Par la suite, Tamao poursuivit ses études à Metro. Rien à signaler pendant longtemps.
Puis vint le deux-cent-quatre-vingt-troisième jour de ses quatorze ans. C'est le fameur jour où Tamao débarqua à Mahora. Pourquoi a-t-il changé de collège? On ne le sait pas... Sur décision de ses parents, apparemment, à la suite d'un courrier d'une organisation que lui ne connaissait pas, mais apparemment, pour eux, c'était le cas... Cette histoire reste sans explication pour le moment. Ceci dit, ses parents n'avaient pas dans leurs yeux, à son départ, une simple nostalgie de parents qui s'efforcent de se persuader que c'est le mieux pour leur fils, non, plutôt une sorte de remords. Est-ce que Tamao se faisait simplement des idées? Il lui arrive, de temps en temps, de se poser des questions là-dessus.


••• Misaki Mizuki •••

Dès les premiers jours de Tamao à Mahora, la folie avait commencé. Rentrer dans les détails exigerait un roman. Disons pour faire court que l'une des premières personnes qu'il avait rencontrées sur place s'était avérée être une succube manipulatrice qui semblait adorer l'idée de l'utiliser comme un jouet, et s'en donnait à coeur joie avec le naïf vicieux qu'il était. Et sa vie était devenue un peu plus difficile. Et puis, un autre jour qu'il s'était manifestement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, occupé à ses conneries habituelles, il avait rencontré un étudiant qui avait changé pour toujours sa façon de voir les choses. Tout simplement parce que ledit étudiant, qui apparemment n'allait pas très bien dans sa tête, avait soudainement fait tomber la foudre du ciel d'un simple geste du bras, comme s'il s'agissait d'une chose simple à exécuter. Et, pendant que Tamao essayait encore de comprendre comment tout cela était arrivé, tremblant comme une feuille, le garçon s'était tourné vers lui et avait simplement déclaré : "Ça t'évitera de te pisser dessus la prochaine fois qu'une chose comme ça arrive." Et c'était ainsi que Tamao avait eu connaissance de la magie.
Maudite magie! Stupidité antiscientifique! Jamais Tamao n'avait vraiment réussi à la comprendre. Ce qui était certain, c'était que depuis qu'il en avait connaissance, ça lui pourrissait la vie au possible, et ça n'allait qu'en empirant. Un jour où elle s'ennuyait plus que d'habitude, probablement, la succube avait fait en sorte qu'un de ses camarades (flippant aussi, ce gars-là, mais tout le monde finissait par être flippant dans cette école) lui lance un sort de sommeil tellement puissant que ça aurait presque pu lui coûter la vie, cette histoire. Presque, si une jeune femme qui s'avérait être professeur à Mahora, et qui s'avérait également être un vampire, ne s'était pas trouvée sur sa route à cet instant et ne lui avait pas rendu le "service" de le changer en être de sa propre espèce. Et c'était ainsi que Tamao était devenu un vampire.
De mieux en mieux. Plus ça allait et plus les tréfonds de l'enfer s'avéraient profonds. La seule lueur d'espoir de Tamao, en ce temps-là, s'était manifestée à peu près à la même période, sous les traits d'une jeune fille nommée Misaki. Une collégienne adorable, versée dans le cosplay, qui souriait tout le temps et parlait d'une voix enfantine. C'était l'une des rares personnes à être réellement gentille avec Tamao sans se moquer de lui par derrière, essentiellement parce qu'elle le trouvait, disait-elle, adorable, et que ça la touchait beaucoup. Un jour, au détour d'une conversation, elle lui avait déclaré qu'elle l'aimait. Et Tamao avait paniqué et s'était sauvé en courant.
Parfaitement minable conformément à sa nature, Tamao n'avait osé faire sa déclaration en retour que des jours et des jours plus tard. Et cela avait été laborieux, c'était sûr. Pourtant, il était clair qu'il ressentait quelque chose pour Misaki, lui aussi. Sa nature hésitante et sa nouvelle méfiance gagnée dans cet endroit bizarre ne l'avaient pas aidé, simplement. Et pourtant, quelques pleurs et quelques engueulades plus tard, voilà que ces deux-là sortaient ensemble, et que tout d'un coup, l'enfer n'était plus si mal que ça pour Tamao. Évidemment, il y avait toujours un sacré lot de difficultés, en particulier des gens qui se payaient sa tête, et sa condition de vampire qui lui en faisait voir des vertes et des pas mûres, mais il y avait quand même cette fille super-mignonne et la fierté de savoir qu'elle l'aimait, et la sensation bizarre et agréable dans son ventre quand elle l'embrassait. Et au fond c'était déjà pas mal…
Et puis, à mesure que certains jours se transformaient en routine, même malgré la magie et tout le reste, et que Misaki elle-même se faisait de plus en plus difficile à voir, Tamao se retrouvait seul avec son cynisme, son amour pour Misaki qui ne le quitterait pas de sitôt, et sa pointe de curiosité naturelle et d'affection pour la science et le purement logique qui ne le quittaient pas non plus. Il fallait bien avancer. Aller de l'avant. Et la science restait un bon moyen de se raccrocher à ce qui lui rappelait sa ville natale. Et puis, un jour, un autre coup de chance était arrivé. Un étudiant de l'université de Mahora, qui faisait partie du club de robotique, un senpai classe comme pas possible qui avait participé avec d'autres camarades à l'avancement du projet Chachamaru, lui avait demandé, à LUI, le petit minable qui savait très bien réparer les machines mais n'avait jamais réussi à en construire une qui fonctionne, de s'occuper de l'entretien et de l'éducation d'un tout nouveau prototype de gynoïde. Tamao avait du mal à le croire, mais comment aurait-il pu refuser une proposition pareille? C'était une occasion en or de pouvoir vérifier si certaines des hypothèses qu'il formulait sans cesse dans sa tête étaient réelles ou non. L'occasion aussi de pouvoir à nouveau passer du temps avec une intelligence artificielle perfectionnée. Il avait assisté à sa naissance. Émerveillé par l'évènement, il lui avait donné son ton dans un murmure impressionné. "Kyoui". "Kyoui" comme "miracle".


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MessageSujet: Re: ~Yasashii~ DRAMA CLUB - Sugar-free version   Lun 30 Juin - 15:54

Nom (de modèle) : Prototype P-400

Nom (attribué par son propriétaire) : Kyoui

Née le : 25 septembre

Groupe : Collégiens

Fonction : Robot au service d'Alejo Tamao. À part ça, elle le suit très souvent et assiste aux mêmes cours que lui.

Magicien ou non : C'est un robot, ça suffit déjà, non? XD

Façon de dire "Je" : Watashi.

Accent : Kantô.

Sentence ender : Desu.

Traits physiques : Kyoui a été construite sur le modèle du corps de remplacement de Karakuri Chachamaru —qui servit aussi de corps à d'autres robots mis au point par le club universitaire—. Il n'est donc pas inconnu. D'un stade pour le moins avancé, il est équipé d'une peau artificielle qui lui garantit une étanchéité totale, mais qui suinte régulièrement à cause de la chaleur de ses circuits. Elle doit donc se laver aussi régulièrement que tout être humain. Elle capte les réseaux bluetooth et wifi, mais est aussi équipée de nombreux ports connexion —plus de 80 à travers tout son corps— et, puisqu'on en parle, possède un énorme espace mémoire. XD Mais parlons un peu de ce à quoi elle ressemble en tant qu'humanoïde. Kyoui a les cheveux et les yeux d'un vert tout à fait surnaturel, et deux antennes sur les côtés de son crâne, plutôt épaisses et tournées vers le bas. Ses yeux sont allongés, se bouche petite et peu expressive ; mais elle n'a pas trop de mal à sourire. Elle ressemble à une collégienne comme toute autre mis à part ça, plutôt plus petite qu'une moyenne dans le domaine ; elle n'est guère plus grande que Tamao —c'est dire!—, ses membres sont assez maigres et sa poitrine plate. Comme Chachamaru, elle a une peau plutôt pâle et ne peut pas en changer la teinte comme les humains, bien entendu. De même elle a la capacité de "voler" aux moyens de propulseurs, et possède une force étonnante pour un humain —mais pas tant que ça pour un androïde— ; seul point faible notable : elle dénote une certaine faiblesse au niveau du cou.

Caractère : Kyoui est un robot ; c'est donc normal qu'elle agisse comme une machine. Elle possède un système autonome, mais le plus souvent ne fait quelque chose que quand on le lui demande, et c'est pour cela qu'elle réclame souvent une confirmation, presque par automatisme : "désirez-vous que...?" De même elle commente de temps en temps les actions qu'elle fait en les énonçant tout haut lorsqu'elles sont invisibles à l'oeil humain —actions à l'intérieur de son corps, comme de la recherche de données par exemple—, et s'embarrasse de formules de politesse à la con comme celles des ordis : "veuillez patienter", "merci d'utiliser tel ou tel programme", etc. ... Ceci dit, loin d'être toujours inexpressive et à l'air taciturne, elle retient dans son historique les expressions souriantes de son visage comme ses préférées. Depuis qu'on l'a autorisée à sourire elle aime avoir cette réaction par défaut. XD Même si bien sûr, elle ne va pas sourire à un truc triste, elle sait comment répondre promptement aux affaires des humains... Comme Tamao est son propriétaire, elle lui est très dévouée et écoute en premier lieu tout ce que lui lui dit, comme s'il était son père ou son grand frère, en quelque sorte. C'est aussi elle qui s'occupe des corvées et de réguler un peu les horaires de son propriétaire, ce dernier n'ayant pas un mode de vie très réglé et arrivant souvent en retard, ce que Kyoui lui reproche plus par fonction qu'autre chose. Elle s'adresse à lui en ces termes de "petit maître", et parle le plus souvent autres gens en mettant un "-sama" derrière leur nom. Notons enfin que malgré sa nature robotique, comme tous les robots créés récemment par le club de Mahora, elle reste étonnamment humaine. Elle se caractérise par une étrange curiosité qui la pousse à rechercher le plus de nouvelles données et de connaissances possible. En cela, on peut dire qu'elle fait la paire avec son propriétaire...

Histoire :
Créée en septembre 2009 par le jeune génie de dix-huit and Nazoka Kazako, en association avec le club de robotique de l'université Mahora et notamment son membre-phare, la collégienne incroyablement douée, Hakase Satomi, Kyoui fut mise en marche à Mahora même, dans la salle du club de robotique. À l'origine le but était de tester les capacités de ce modèle dans une version un poil plus avancée, mais aucun des créateurs travaillant activement sur le projet n'avaient le temps de se consacrer à l'entretien d'un androïde de plus en tant que possession... Ce fut donc un jour où il avait rencontré un passionné de robotique tel que Tamao, complètement par hasard, que Kazako eut l'idée de lui confier ce nouveau prototype, pensant que compte tenu de son intérêt pour le domaine, il prendrait soin d'elle suffisamment bien pour qu'on puisse lui faire confiance... Elle naquit donc par avance sous la responsabilité de Tamao qui lui donna un nom lorsqu'elle en demanda un. Le petit nerd, tellement impressionné par le réalisme de cette apparition qui s'était faite devant lui, avait décidé de l'appeler "Kyoui", qui renvoie dans ce contexte au sens de "miracle" et s'écrit comme tel. C'est tout ce qui est arrivé pour l'instant dans la courte vie du prototype P-400... Mais un robot aussi performant devrait avoir une vie assez longue pour pouvoir en raconter plus par la suite, pas vrai?^^

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MessageSujet: Re: ~Yasashii~ DRAMA CLUB - Sugar-free version   Lun 30 Juin - 16:07


THE PERFECT IMPERFECT PALS

Vus de l'extérieur : Duo de comédiens cliché façon Laurel et Hardy, sauf que c'est pas dans un film, c'est dans l'école, qu'ils sont profs, et qu'ils ont même pas l'air de faire exprès d'être cons. Ne se lâchent pas d'une semelle (sérieusement, ils sont en couple ou pas? Ce n'est même pas clair…). Le plus grand a la personnalité d'un 'tsukkomi', c'est un sacré grincheux pédant et il ne vaut mieux pas l'énerver, vu qu'il a l'air de facilement s'énerver tout seul. Le plus petit est d'une obésité inquiétante et d'un âge mental qui semble si peu élevé que c'en est aussi inquiétant. Peuvent paraître soit attachants, soit bizarres, soit énervants, selon les personnalités et les situations...

~~~

Nom : Calpis, Ramune.

Prénom : Debouko, Enko.

Âge : Fin de quarantaine? Début de cinquantaine? ...Oh, je sais plus. Sans âge d'apparence.

Groupe : Professeurs

Fonction : Professeurs à l'école Mahora, de Français pour Calpis, d'Anglais pour Ramune.

Magicien ou non : Nope. Ça ne les empêche pas d'être au courant de la magie, depuis qu'ils sont à Mahora.

Langues parlées : Japonais (+ Tsushima-ben), Français, Anglais, Chinois, Russe.

Façon de dire "Je" : Oretachi.

Calpis à Ramune : Osha / Ramune.

Ramune à Calpis : Omae.

Rêve pour l'avenir : Rester ensemble... C'est mal?

Santé :
• —Ah… Ramune? Ben, je dirais… Qu'il aime autant l'alcool que moi, c'est déjà une chose. Par contre il boit beaucoup de café. Comme s'il était pas assez énervé comme ça. Il mange pas beaucoup non plus, c'est pas intelligent, lui qui est tout maigre… Enfin. Tu m'étonnes qu'après il a des rhumatotrucs partout, et des lumbagos et des tendinites et des luxations de la rotule et tout le bazar. Bon, pas qu'il s'en plaigne souvent, mais quand ça lui arrive, il est d'une encore plus sale humeur que d'habitude. Il aime pas que je lui lave les cheveux, mais si je le fais pas personne va le faire. Lui au moins il a de la chance d'en avoir… Quelquefois, le matin, on voit qu'il n'a pas dormi de la nuit. Je ne sais pas pourquoi. Je me demande à quoi il pense…
• —Évidemment, l'autre idiot va aller me blâmer comme quoi je n'ai pas une alimentation suffisante, saine, variée… Oh, pour sûr, la sienne est suffisante et variée. Mais il faut dire aussi qu'il y met tous les petits extras qui vont avec, la grande malbouffe internationale. Il n'a pas gagné ses kilos en trop dans une pochette-surprise… Sans compter tout ce qui a l'air de relever chez lui d'une véritable paresse naturelle. Vous devriez voir le temps qu'il passe dans un bain, c'est hallucinant. On dirait une écrevisse qui chauffe. Pareil quand il dort. Je n'arrive pas à croire qu'un type qui s'agite autant dans son sommeil puisse l'avoir aussi profond. Enfin, c'est pas moi qui vais m'en plaindre. Du moment qu'il ne m'écrase pas pendant la nuit ou qu'il ne me réveille pas avec un de ses cauchemars stupides…

Taille : 205 cm environ (Ramune), 165 cm environ (Calpis).

Poids : 75 kg environ (Ramune), 110 kg environ (Calpis).

Groupe sanguin : A+ (les deux).

Traits physiques : Stéréotypes. Jumeaux inversés, total contraire l'un de l'autre, mais finalement de même degré de laideur, c'est notable. Leurs nez et leurs yeux sont en général quasiment identiques, nez de même taille (une patate, basically), prunelles noires et petites, comme les personnages des vieilles BDs franco-belges. Dans leurs gestes, ils fonctionnent en général en symétrie, et si l'un fait un pas à gauche, l'autre le fait à droite, ce qui les conduit parfois —ils sont assez maladroits— à se cogner l'un dans l'autre. Par ailleurs toute leur gestuelle demeure plutôt clownesque, burlesque.

• —Ramune, c'est le genre de gars qui te fait lever la tête dès que tu l'as devant toi. S'il se tenait droit et pas avec ses jambes arquées bizarrement comme un canard, là, sûr qu'il se cognerait dans tous les linteaux de portes. Déjà que même comme ça ça lui arrive. On dirait un peu un élastique. Il marche même comme un élastique. …Comme un canard élastique. *Rire* C'est dire, hein? Voyons… Pour sa tête. Il a à moitié pas de menton. On dirait qu'à force de le lever tellement il a fini par disparaître. Et comme pour compenser, il a cette espèce de grand nez qui fait comme une patate qui aurait envie de monter au ciel... Oh! Autre chose d'important aussi : Ramune, il a la chance d'avoir des cheveux. Ce qui ne l'empêche pas —j'ai dû déjà le dire— de les traiter comme une andouille. Ils sont sales (même s'ils sont noirs donc ça se voit pas trop, peut-être), et y a toujours des mèches qui dépassent. C'est ridicule. Mais j'ai renoncé à essayer de les écraser avec un peigne : il supporte pas que j'essaie, de toutes façons.
• —Calpis? Ben, c'est une boule. Ça se voit, non? Une petite boule. 2 ou 3% de Japonais obèses sur cette terre et il a fallu que ça me tombe dessus… Il est rond de partout. Même son crâne chauve, ça lui donne l'air encore plus rond. Enfin, je me méprends, il n'est pas tout à fait chauve. Allez savoir comment il fait, il a toujours deux ou trois cheveux très rares par-ci-par-là, complètement en bordel d'ailleurs, on se demande ce que ça fout là. Mais on lui pardonne, parce que son crâne est rigolo, et ses joues aussi d'ailleurs. Ce type-là a les joues les plus douces et les plus molles du monde. On pourrait tirer dessus toute la journée. Si du moins ça ne l'énervait pas. Bon, non pas que j'ai peur de lui, je sais le mâter plus qu'il ne saurait mâter n'importe qui… Mais bon. On parle du Debouko qui a réussi à se faire une écharpe avec un ours vivant quand il était petit. Quand il frappe ça douille. Alors je préfère éviter.

Caractère : Stéréotypes. Comment dire? Calpis et Ramune fonctionnent à deux, tout simplement. Ils sont tout à fait inséparables. L'un suit toujours l'autre dans ses entreprises, et inversement. À eux deux ils constituent le tableau le plus classique des meilleurs amis du monde. Des compères toujours ensemble, mais aussi avec leurs différends, plutôt fréquents, qui aime bien châtie bien, non? Ainsi, Calpis et Ramune se disputent souvent, mais après tout, ils finissent toujours par tomber d'accord... Archétype également du duo comique, ils sont toujours aussi maladroits et gaffeurs au demeurant, ridicules plutôt comme paire, une belle paire de bouffons qui amuse la galerie. Cependant, côté tâches à réaliser, ils font preuve d'une capacité d'adaptation fort satisfaisante et une certaine débrouillardise : ils peuvent passer par absolument tous les petits boulots, par toutes les situations, ce qui est un avantage pour eux. Ce sont généralement des personnes joviales, pleines de joie de vivre et toujours énergiques. Leur expérience de vie, tout comme, probablement, le fait d'être ensemble, leur confère une force morale que l'on ne s'imaginerait pas leur prêter, de prime abord.

• —Ramune… Il est plus intelligent que moi. Je le sais, il n'arrête pas de me le répéter. Et il a raison après tout. Il gaffe moins que moi, il est plus doué que moi dans un travail, il sait mieux que moi quand il faut parler ou faire telle ou telle chose, ou non… Mais en même temps… Bon, il me frapperait si je disais ça devant lui, mais je crois bien que s'il est aussi intelligent que ça, c'est un peu parce qu'il est un salaud qui sait s'adapter parmi les salauds. J'veux dire… C'est un gros hypocrite des fois, ça me fait mal au coeur. Et il est cupide aussi. Le nombre de fois qu'il a essayé de me taxer du fric, l'enfoiré. ...Et puis il a beau être intelligent, il sait pas tout non plus, mais il fait comme si, tout le temps, tout le temps, moi moi Moi, Moi je sais tout, Moi je fais les choses mieux que toi… Ça aussi, ça me fait mal au coeur —qu'il soit aussi méchant des fois, je veux dire. Parce que dans le fond, Ramune, c'est quelqu'un de bien. Je le sais, il resterait pas autant avec moi sinon, et je l'aimerais pas autant sinon. C'est important pour moi qu'il soit là pour m'encourager à avancer… Mais bon dieu que c'est bête, il cache ce qu'il a de meilleur en lui. Je crois que la mentalité moderne veut qu'on cache ce qu'on a de gentil en nous pour mieux dévoiler à quel point on peut être un salaud parmi les salauds. C'est dommage. Si Ramune était avec les femmes comme il est avec moi, il se serait fait rembarrer beaucoup moins souvent, et moi, ça m'énerverait moins.
• —Souvent j'ai rêvé d'avoir un enfant. Une petite âme artiste qui fait des dessins qu'elle est seule à comprendre sur le papier et les murs, qui pose des questions étranges dont la réponse paraîtrait évidente, à condition précisément de ne pas avoir à y réfléchir… Une âme rieuse, souriante, candide, extrêmement candide, pudique, qui, par affection filiale, haïrait le conflit et le fuirait parfois au péril de ses propres convictions, ou qui, au contraire, se montrerait parfois d'une ténacité peut-être un peu ridicule, mais tellement touchante… La petite âme qui rêve, qui cherche le câlin et qui réclame qu'on lui lise des contes de fées le soir. Ouais… C'est bien probablement ce que j'aurais voulu. …À la place, j'ai eu Calpis. Calpis est… À peu près la même chose que tout cela, si ce n'était que c'est UN HOMME ADULTE. Vous n'imaginez pas le nombre de ces qualités qui se transforment tout d'un coup en défauts, dans ces conditions. Pour être franc, ne mâchons pas nos mots, ça doit bien en faire l'adulte le plus con du monde. Et ça donne très mal au crâne de vivre avec un con pareil. Hmm? …Mais pourquoi, me direz-vous, dans ce cas, pourquoi je ne le laisse pas tomber? La réponse est évidente : si on a un minimum d'humanité, on-ne-laisse-pas-tomber quelqu'un comme Calpis. C'est par définition avoir la mort de cette personne sur la conscience. Sans moi, cet imbécile ne survivrait pas trois jours. Comme si sa bêtise ne suffisait pas, il faut en plus qu'il ait d'autres défauts dangereux dans le monde extérieur, comme un trop-plein d'altruisme, ou de confiance, ou des complexes idiots. D'ailleurs, ça me sidère de constater qu'une personne qui a une telle (stupide) joie de vivre soit encore capable d'avoir des complexes. Il n'a pas su placer ce qu'il lui restait de sensé au bon endroit, c'est moi qui vous le dis. Mais en même temps… Oh, ce n'est pas parce qu'il est une énigme vivante de stupidité qu'il est complètement insupportable pour autant. Et puis, un enfant dans un corps d'adulte, ça n'est pas seulement consternant, c'est aussi, malgré tout, un trésor ; et un trésor, ça se protège.

Calpis aime :
-Que Ramune s'occupe de lui
-Manger et la nourriture en général
-Dormir
-Les grandes pompes
-Les animaux
-Faire la causette aux étrangers
-Lire "Le Petit Prince" de Saint-Ex'
-Les boissons à base de lait
-Les "bedtime stories"
-Le thé japonais et russe
-Les mots dans lesquels deux lettres N sont collées ensemble
-Les biscuits au miel
-Les brochettes de dango
-La neige
-L'alcool
-Sourire et rire
-Ramune

Ramune aime :
-Remettre Calpis en place
-Les grandes pompes
-Les animaux
-Sa propre personne
-Les boissons gazeuses
-Le mot "Mochiron" et l'interjection "Maah"
-Les enfants
-Regarder les belles femmes (O_o...)
-Le café noir
-Le thé anglais et russe
-Prendre des photos
-La neige
-L'alcool
-Sourire et rire
-Calpis

Calpis n'aime pas :
-Se faire engueuler
-Les seringues
-Les histoires qui font peur
-Se taire
-L'ennui

Ramune n'aime pas :
-Les gens qui s'occupent de ce qui ne les regarde pas
-Les brosses à cheveux et les peignes
-Le shampooing
-Quand Calpis parle trop
-Quand Calpis lit "Le Petit Prince"
-L'ennui

Liste (non-exhaustive) des boulots qu'ils ont eu dans leur vie :
-Dockers
-Journalistes
-Vendeurs de souvenirs
-Bureaucrates
-Hôteliers
-Domestiques
-Marins
-Agriculteurs
-Chefs de gare
-Maçons
-Commentateurs sportifs
-Pickpockets/cambrioleurs
-Flics
-Loueurs de voitures
-Assistants musiciens
-Assistants chirurgiens
-Assistants vétérinaires
-Professeurs de langues étrangères

Liste (non-exhaustive) des pays dans lesquels ils ont vécu :
-Plusieurs pays d'Afrique Noire dont il serait inutile de développer la liste
-USA (bien que Ramune ait un accent plutôt british)
-Japon
-Allemagne
-France
-Yémen
-Arabie
-Russie
-Chine

Histoire :
••• L'arche de Noé •••

Russie. Ou, pour mieux dire, URSS. Fin des années 60. En plein totalitarisme brejnevien, le pays prenait garde à ses fesses après le petit zéphyr de liberté qui avait soufflé sous Khrouchtchev. Il fallait voir comment on l'avait viré du pouvoir, celui-là. Gentiment licencié, coincé dans sa résidence et surveillé par les flics jusqu'à sa mort. Bien que ça n'intéresse que l'un d'entre eux, Calpis et Ramune le savaient. Dans la famille, le fait de ne pas rouler sur l'or comme la plupart de la population n'empêchait pas d'être pas mal cultivé et d'avoir sa propre opinion sur le monde. Un des bienfaits du régime précédent, ça aussi. Bon, bien sûr, il n'y avait pas eu que des bienfaits, comme à chaque fois, mais on n'avait pas à se plaindre... C'était maintenant qu'elle revenait, la déconfiture. Quoiqu'on s'autorise déjà un peu plus de liberté que sous le camarade Staline. À cette époque de l'histoire, on pensait déjà mieux et on commençait à rigoler de la vieillesse en place. Ces blagues n'intéressaient pas beaucoup le petit "Debouchka" —on ne savait pas exactement où placer le suffixe, avec un nom pareil, alors on le mettait là—, mais Enko, en revanche, se croyait déjà assez grand pour pouvoir en rire haut et fort comme les autres.
—Dis donc, fils, tu sais ce qui arriverait à l'ours qui aurait le malheur de bouffer le Brejnev?
—Non... Dis-moi un peu, Pope?
—Il chierait des médailles pendant trois semaines, voilà ce qu'il ferait, ton ours!
—MHA HA HA! Ouais, il en aurait à faire...
Sans vraiment être conscient de ce qui était bon pour eux ou pas, le petit Ramune se marrait à gueule ouverte, fanfaronnait en déclarant qu'il allait jusqu'à souhaiter la mort du chef du parti, et on lui couvrait vite la bouche et on l'engueulait en lui demandant s'il voulait se faire choper par le KGB, ou quoi.
—Fais pas le con, camarade, va pas raconter des histoires pareilles au petit!
Un adulte encore, ça sait ce que ça dit. Mais ce gamin qui, à à peine dix ans, commençait déjà à se rebeller par mimétisme, c'était dangereux... Non pas que ce qu'il aille raconter soit dénué de sens, au contraire même, mais il ne réalisait sans doute pas à quel point c'était sérieux et qu'en réalité, il fallait du cran pour dire ça...
—Ils me prennent pour un gamin, tu vois, Debouko... IU! IU! IU! Allez allez allez allez allez!
Ils habitaient dans le Nord, aux abords de la Sibérie glacée. Certaines personnes au village avaient des attelages de chiens de traîneau, pour les longues distances. C'était d'ailleurs, avec la marche, l'un des seuls moyens de transport qu'on utilisait dans le coin. Il n'y avait pas à se déplacer beaucoup, ceci dit. Et, comme Ramune se débrouillait pas mal avec les bêtes, on leur cédait, de temps en temps, un attelage, et ils allaient se faire de longs tours dans les plaines enneigées, Ramune aux rênes et au fouet à l'avant, Calpis à l'arrière.
—Tu disais?
—Ah! Oui, je disais... Ils me prennent pour un gamin et j'aime pas ça! Ils comprennent pas que je sais tout aussi bien qu'eux ce que je dis... J'aurais fait un grand révolutionnaire, moi!
—Tu crois...?
Calpis était bien moins catégorique. Il savait simplement que l'humanité avait connu des temps pires, qu'on rigolait pas avec la révolution parce que ça avait fait plein de morts, et que quand ils n'étaient pas nés, sous cet homme dont on voyait encore le visage partout et qui s'appelait Staline, il y avait des procès, il y avait des plans, des camps de travail, et pas de blagues pour adultes. Il ne savait pas beaucoup de choses, le petit Calpis, mais il savait au moins qu'au fond, on n'avait peut-être pas tant à se plaindre. Ramune ne l'entendait pas de cette oreille.
—Y a des écrivains... Des têtes... Qui se font clouer le bec chaque jour par le Soviet! Tellement de bouquins... De témoignages qu'on pourra jamais lire à cause de ça...
—On n'a qu'à s'en aller ailleurs pour pouvoir les lire! De toutes façons, moi, j'ai jamais été un très grand lecteur, alors...
Simplicités enfantines. Ou plutôt, si Calpis n'était pas là pour les ramener à ça, c'est vrai que leurs conversations auraient déjà fait un peu trop adultes pour leur âge. C'était le Ramune de l'époque... Des idées bouillantes plein la tête, intéressantes et à garder, mais un peu trop bouillantes peut-être. Une tête brûlée, en quelque sorte. Qui, en attendant d'être grand et mieux considéré par ses pairs, défoulait ses ardeurs sur les chiens de traîneau.
—ILIILIILIILIILIILI! Allez! IU! Allez!
Ils allaient se faire de longs tours dans les pleines enneigées. Ramune aux rênes et au fouet à l'avant, Calpis à l'arrière. Ils partaient loin et pour longtemps. Quelquefois ils en avaient pour toute la journée. Les adultes ne s'inquiétaient pas cependant ; ces deux enfants-là étaient des durs, plus encore qu'on ne le pensait.
Enko était un orphelin qui n'avait pas beaucoup connu ses parents, et qui affirmait son indépendance comme quelque chose qu'il avait toujours tenu pour évident. Bon, en réalité, on savait qu'il ne manquait pas de parents, puisque, depuis bien longtemps déjà, la famille de Calpis le considérait comme un second fils. En un sens, Debouko avait volontiers accepté de partager son "Papotchka" et sa "Mamotchka" avec son meilleur ami... Le petit gros, pour sa part —yep, enfant il était déjà bien en chair—, faisait preuve d'une force surprenante pour un enfant de son âge, et de surcroît aussi candide et gentil au quotidien... On avait, il est vrai, compris avec le temps qu'il valait mieux ne pas le froisser, en lui refusant un repas par exemple... Mais la meilleure preuve de ses capacités avait été ce jour où, alors qu'on l'avait perdu pendant plusieurs heures, il était revenu avec un énorme amas de fourrure qu'il maintenait fermement enroulé autour de son cou, par deux bouts. Il ne fallut pas longtemps pour que la compagnie comprenne qu'il s'agissait d'un ourson sauvage. Panique à bord. Lâche-le! Il va t'égorger d'un simple coup de dents! ...Et pourtant, le fait était là, à mains nues et sans l'aide de personne, le fils Calpis avait su maîtriser un ours plus gros que lui. Fort d'un fait comme ça, comment se faire du souci pour lui dès lors? Et puis, ces deux petites têtes-là étaient toujours ensemble... Ça formait une fine équipe, tiens. On ne s'inquiétait pas, donc.

—Ah! Notre fils est rentré, avec notre second fils!
Le traîneau se voyait, les cris lancés en l'air par Ramune s'entendaient de loin. Signes de la main. Surprise. Des visages qu'on ne s'attendait pas à voir aujourd'hui.
—Par ici, les enfants!
—Mamotchka! Tachok!
Veuillez attendre l'arrêt complet du véhicule avant de détacher votre ceinture... Des clous! Calpis courait déjà dans la neige à côté du traîneau, tandis que Ramune, entre deux signes, s'employait à arrêter les chiens. Et Calpis de sauter au cou de sa mère et de sa soeur.
—Mamotchka!
—Haha... Bonjour, Debouchka... Tu as l'air en forme! Et toi aussi, fils... Tu penseras à rapporter ses chiens à Pavlé, hein?
—Mais oui, mais oui, comme toujours, Mat'. Pas d'inquiétude.
Conversations habituelles. Même si, en réalité, la mère et la soeur n'étaient pas censées être présentes ce jour-là. La veille elles avaient pris la route pour Prague où elles devaient aller rendre visite à une amie de Natacha qui avait déménagé là-bas. Elles auraient dû être en Tchécoslovaquie à l'heure qu'il était, et pas ici, si vite de retour...
—Qu'est-ce que vous faites à la maison si tôt? Il y a eu un problème?
—Un problème, tu peux le dire... On n'était même pas arrivées en ville qu'on nous a annoncé que des chars soviétiques étaient arrivés en force... Qu'ils tuaient les gens là-bas, que si on y allait, ou bien on serait refoulées, ou bien on risquerait notre peau nous aussi...
—Ah bon... Des ennuis à Prague, maintenant?
—Encore le gouvernement qui fait des siennes...
—Ne parle pas de choses que tu ne connais pas, Enkouchka.
Douce et prévenante, elle l'avait toujours été, la mère de Calpis. Comme toujours elle calmait les ardeurs de son "second fils" en l'incitant à se taire, d'un mouvement du doigt sur ses lèvres qui esquissaient, comme toujours, ce gentil sourire apaisant. Elle et sa fille venaient d'échapper de justesse à une Prague en plein chaos, et ça n'avait pas l'air de la remuer plus que ça. Pour la petite Tachok, c'était autre chose...
—Et toi, Tachotchek, tu n'as pas eu trop peur?
—Ce n'est rien... On n'a pas vu la ville, nous...
Elle n'avait pas l'air bien, malgré tout, cette enfant aux yeux clairs, aux cheveux clairs, à la peau claire, qui se fondait dans une neige au-dessus de laquelle elle baissait la tête, emmitouflée dans son manteau noir comme une petite chose fragile.
—Mais... C'est maintenant que j'ai peur... Pour Masha... Et s'il lui était arrivé quelque chose... À elle...?
Bien sûr... On connaissait du monde sur place. On ne savait plus trop quoi dire. Effectivement, on pouvait toujours être content d'avoir la vie sauve, mais dès qu'on se mettait à penser aux autres qui avaient peut-être fait les frais de ce à quoi on échappait... Tout de suite, on se sentait bien plus mal. Et puis, voir Tachotchek trembler et retenir ses larmes, accablée par une peur trop lourde pour son jeune âge, ça ne pouvait pas ne pas briser le coeur à qui que ce soit. Du moins c'était ce que Calpis et Ramune pensaient, sincèrement. Calpis chérissait sa soeur et Ramune de même voulait la protéger autant que possible des déboires de ce monde... Alors, quand on n'y parvenait pas, et que Tachok souffrait... Forcément, ça foutait un coup au moral. Un si joli visage menacé par les larmes...

—Et Papotchka, comment va-t-il?
—Pas fort... À un moment, hier, j'ai même cru qu'il se remettrait jamais à bouger. J'ai vraiment eu très peur.
—De mieux en mieux, de mieux en mieux...
Gestes tristes de la tête.
—La baignoire est encore sale?
—Oui, il a essayé autre chose hier.
—Il va finir par s'empoisonner.
—Dis pas ça... C'est juste une mauvaise période... Ça va aller mieux, pas vrai?
Le père de Calpis était un alcoolique fini. Sérieusement atteint. Ambiance de l'époque oblige, de toutes façons, les alcooliques, ça courait les rues en URSS, en ce temps-là. On ne croyait pas au pouvoir, ceux qui y avaient cru n'y croyaient plus, mais on ne pouvait rien y faire, alors, en dernier recours, on buvait pour oublier... Pour noyer sa frustration dans du vin, dans de la vodka, dans de l'alcool "maison" qu'on préparait chez soi avec les moyens du bord, juste pour ne pas être en manque...
—Il ne se passe plus un jour sans qu'il boive, à présent.
—C'est une vraie épave. Ça devient inquiétant...
En bon fils, Calpis aimait son papa et savait bien qu'il n'y avait pas en lui que cet alcoolo sombre et associal qui traînait aujourd'hui dans la maison, oubliait de lui préparer ses repas et semblait parfois même ne pas se rendre compte du tout de leur présence, à lui et à sa soeur. Il savait que son père n'avait pas toujours été dans cet état, qu'il était mal à présent pour des raisons d'adultes qu'il ne comprenait que très peu. Il était déçu, sans doute... Déçu par son temps... Pour ces raisons, le petit restait très indulgent à l'égard de son paternel et lui trouvait le plus souvent les excuses les plus gentilles du monde. C'était que Ramune, lui, était bien moins tolérant. Il n'hésitait pas, devant les autres, à reprocher à cet homme ses excès qui ternissaient la vie de Debouko et Natacha. Lui, personnellement, il estimait que ça ne le concernait pas tant ; d'accord, le père de Calpis avait toujours été comme un membre de sa famille, comme tous les autres, mais ça restait qu'il n'était pas réellement son père, qu'il n'avait pas de père de toutes façons, et qu'il n'avait par conséquent pas autant à souffrir que son meilleur ami, et la soeur de son meilleur ami. Bien sûr, Ramune l'aimait bien, le père, il aimait ses convictions d'homme intelligent et ses anekdots qu'il était le seul à ne pas hésiter à partager avec lui ; simplement, il n'aimait pas ce qu'il était en train de devenir. C'était différent.
—C'est pas de sa faute... La vie est moins bien qu'avant pour lui, c'est tout.
—Mais c'est pas normal... C'est pas ce que le bon Dieu a prévu pour nous... Il restera pas éternellement aveugle à ces horreurs qui se passent sur terre! Il permettra pas qu'on fasse taire ceux qui disent la vérité... Parce que c'est justement mentir qui est un péché!
—C'est vrai... Le bon Dieu sait qui est pécheur et qui ne l'est pas... Mais alors, tu crois que bientôt, ça ira mieux pour Papotchka, pour Masha, et pour les écrivains qui se font inquiéter par la police aussi?
—Pour tout le monde! Pourquoi tu crois que le paradis et l'enfer existent? Dieu nous vengera tous, tu verras!
Ce n'était pas forcément coutume dans le pays, en tout cas sûrement pas autant qu'aux USA, mais au village, en tout cas, on était très pratiquant. Quand ce n'était pas l'alcool ou la malhonnêteté, de toutes façons, il ne restait que la prière. Des communistes aux espoirs déçus qui, sans autre recours, revenaient à la solution de fortune proposée par la religion... On souffre pour l'instant, mais si on tend l'autre jour, ça ira mieux dans l'Au-Delà. À l'époque, Calpis et Ramune avaient été élevés là-dedans et y croyaient. Aveuglément, ils espéraient un avenir meilleur et priaient avec ferveur pour que le Seigneur daigne enfin poser les yeux sur eux.
—Hein? Qu'est-ce qu'il y a?
—Chut! Cache-toi! Bouge plus!
Ramune avait poussé Calpis derrière un mur d'un geste ferme, et lui couvrait la bouche tout en scrutant d'un oeil prudent du côté de la rue. Des hommes en uniforme frappaient à une porte en marmonnant des mots en russe, d'une voix de stentor.
—Le KGB.
—C'est pas la maison de l'artiste? Celui qui était ami avec monsieur Pasternak...
—Moins fort! Tu vas nous faire repérer.
De l'autre côté de la porte, on ouvrait. Les agents entrèrent. La voie était libre à nouveau.
—Viens! Vite!
Ramune tirait Calpis par le bras à travers la rue. Tenant son ouchanka d'une main sur la tête, le petit gros avait un dernier regard pour la maison de l'artiste. Qu'est-ce qui allait bien se passer, là-dedans...? Et d'abord, qu'est-ce qu'il faisait là, le KGB? L'artiste avait donc fait quelque chose de mal?
On arriva à l'église. La belle église du village, majestueuse, immense surtout. On y réunissait toute la population le dimanche. Bien que dans cette fois, les deux enfants étaient seuls, si petits dans l'obscurité des pierres, éclairée ça et là par la lumière pâle des vitraux qui remettait un peu de couleur dans un jour de ciel gris... On se sentait si modeste. On monta jusqu'à l'autel. Une petite flamme allumée. Ramune s'arrêta devant la statue du Christ, une superbe statue en bois qui leur paraissait elle aussi immense, et qui s'élevait, grave, au-dessus d'eux. Le Christ crucifié. Où était le bonheur dans toute cette souffrance? Ce sang brun, ces yeux bruns, ce visage torturé, mouillé de larmes brunes?
—Viens là. On va prier.
Ils étaient à présent à genoux, tous les deux, les mains jointes, humbles devant la statue du Christ. Les yeux pleins de ferveur, Ramune prit une grande inspiration, et le filet de voix partit et s'éleva vers le fils crucifié, clair et fort de vénération.
—Gloria in excelsis deo.
Calpis de le regarder, et très vite, de l'imiter. Deux de ses rejetons s'adressaient à présent au tout-puissant muet, quelque part derrière les nuages qui couvraient le ciel de Russie.
—Gloria in excelsis deo.
—Gloria in excelsis deo.
—Notre Père qui êtes au cieux, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé...
Les prières habituelles. Les yeux fixés au sol, dans un profond respect du Très-Haut dont ils n'étaient pas dignes, ils lançaient des appels dont ils ignoraient même la destination. Seulement, cette fois, ça n'avait pas paru suffire à l'orphelin, apparemment. Cette fois et seulement cette fois, il avait osé relever les yeux vers l'enfant du Père, un regard soutenu, lancé avec un furieux espoir face aux sphères du pouvoir qui jusqu'alors ne leur avaient jamais répondu... Peut-être qu'en les regardant... Ils seraient mieux entendus...
—Seigneur, prenez pitié de nous. Donnez-nous une arche comme celle qui sauva Noé des eaux, pour qu'on puisse se tirer de ce trou pourri, Calpis et moi. Rien que tous les deux.
—Eh! C'est un peu égoïste, ça... Et Tachotchek, alors?
—Ah... Oui. D'accord. Une place pour Tachok aussi, s'il vous plaît.
—Et Mamotchka? Et Papotchka?
—Ton père, Debouko, c'est un alcoolique. C'est à cause de lui si tu t'inquiètes tous les jours... Tu crois vraiment que ce serait prudent de l'emmener avec nous?

—Tiens, fais-moi la courte échelle, je vais ouvrir l'armoire.
Dans la pièce principale de la maison, au fond, contre un mur, il y avait un grand et large buffet dans lequel on stockait les vivres. Un espace pour la nourriture sèche, et un espace pour tous les alcools de Papotchka. Comme la mère travaillait beaucoup et que le père, quand il n'était pas au travail lui aussi, restait immobile dans un coin de la maison avec ses bouteilles sans répondre à personne, les vêtements sales de dégueulis, les enfants avaient pris l'habitude et la liberté de se servir tous seuls quand ils voulaient quelque chose.
—Je trouve pas les biscuits au miel.
—Il n'y a plus de biscuits au miel.
—On les a tous mangés?
—Oui.
—Mais il y en aura à nouveau, bientôt, pas vrai?
—Ça ne tombe pas du ciel...
Il faudrait faire les courses. Si Mamotchka n'y allait pas, tant pis, on irait soi-même. Les biscuits au miel, c'était chose sacrée...
—Tant pis. Je prends quoi alors?
—Prends du pain et des galettes. Ça fera l'affaire.
—D'accord.
—Et pense à prendre une part pour Tachotchek.
—Oui, oui...
Au moment de refermer le buffet, un moment d'arrêt sur les bouteilles d'alcool. Ça prenait bien la moitié de la place, là-dedans.
—Il en a des alcools, le Pope.
—Ouais... Trop pour lui, même. Qu'est-ce qui se passera quand il n'en voudra plus? C'est de l'argent pour rien...
—Pas pour rien. On le gardera pour nous...
—Pour nous? Moi, ça me dit rien. J'ai déjà goûté ce qu'il y avait dans ces bouteilles une fois... C'est pas bon. Ça a un goût de jus de bois.
—Ouais... Je sais, c'est dégueulasse... Mais on peut toujours les garder pour quand on sera plus grand. Il paraît que ces trucs-là, on y prend goût quand on devient adulte...

さ迷い続けた暗闇の中 、手を伸ばしても指の隙間からすり抜けて


Dernière édition par Satsuki Yotsuba le Lun 30 Juin - 17:22, édité 3 fois
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Satsuki Yotsuba

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MessageSujet: Re: ~Yasashii~ DRAMA CLUB - Sugar-free version   Lun 30 Juin - 16:14

••• Tick •••

Dîner chez les Green. Une soirée respirant l'élégance, comme tous les dîners qui se passaient chez eux. Après tout, les Green n'étaient pas du genre à cacher leur fortune. Disons qu'ils savaient en profiter avec mesure, sans trop en faire étalage, mais sans trop jouer les avares non plus. Ce mode de vie était admiré par tous et pris comme modèle par la plupart de ces familles de la classe moyenne dont on aimait chanter les louanges dans le pays.

Liste des invités. Il y avait d'abord le couple Hermann, de la famille puisque Madame était la soeur de Jonathan Green. Ils étaient conviés à presque toutes les réceptions, et ce à juste titre, car ils étaient des convives honorables et qu'ils avaient toujours la conversation parfaite, si encore on pouvait s'autoriser le terme dans un tel contexte.
Puis, les Campardon, une famille de français fraîchement immigrés, rencontrés lors d'une autre réception organisée chez les Hermann même. Monsieur était architecte, et ne tarissait pas d'éloges ou de commentaires d'expert sur la demeure des Green. Madame, Rose de son prénom, souffrante depuis des années d'une maladie incurable, n'en paraissait pas moins en santé, ronde et pleine de couleurs, douce, clairement séduisante même. Hélas, elle ne daignait sortir du lit que pour répondre à des invitations telles que celle-ci, et pour cette raison, on ne la voyait pas souvent. Ils avaient aussi emmené leur fille, Angèle, une enfant peu souriante et étrangement malingre, à qui ils ne faisaient pas suffisamment confiance pour la laisser seule à la maison lorsqu'ils sortaient. On se passera de détails à ce sujet, n'est-ce pas. À chacun ses affaires.
On avait également invité Peter Patterson, un aristocrate dans la fleur de l'âge, célibataire, peu bavard mais cependant fort sympathique, savant dans tous les domaines. Il passait son temps libre, et Dieu sait qu'il en avait, à courir les bibliothèques pour se documenter sur tout ce qui lui venait à l'esprit. Sa devise était que la vie étant courte, il fallait toujours la mettre à profit autant que possible pour apprendre et se nourrir de connaissance. À ce sujet, là encore, on se confondait en admiration. Et enfin, il y avait également... Le couple Tick.
Ah oui, le couple Tick. Une belle paire d'originaux, ceux-là. En son for intérieur, on se demandait encore ce qu'ils faisaient assis à table. On aurait aimé s'en débarrasser dès le début, à la vérité, mais ça aurait été réellement incorrect de ne pas leur accorder un peu de temps, vu qu'on les avait rencontrés parce qu'on avait failli écraser Monsieur sur la route lors d'une virée en voiture... Du coup, pour se faire pardonner, on avait commencé à les inviter... Et par la suite, ils étaient revenus... Ça faisait plusieurs fois à présent qu'on les voyait dîner ici... Ma foi, ils faisaient bonne chaire. Surtout elle. Cette femme-là était un véritable mastodonte, si ample que sa robe ressemblait davantage à une nappe à couvrir la table, lorsqu'elle la portait du moins ; laide au possible, avec ça, même pas un beau visage ni une belle voix, attachante peut-être par son caractère, mais hideuse à souhait et en tous points, à se demander si son mari ne l'avait pas épousée par pitié. Quoique lui non plus, maintenant qu'on en parlait, n'était pas mal dans son genre. De bonne taille, mais étrangement maigre, à se demander si sa femme ne lui volait pas ses repas tant leur différence de gabarit était manifeste. Bien élevé du reste et proche de son monde, d'une stature élégante, portant la moustache, il passait certainement pour un gentleman, mais alors un gentleman avec la voix étrangement haut-perchée, et un accent bizarre sorti d'on-ne-sait-où. Non pas que cela soit un défaut, pas plus que le surpoids de sa femme, mais, puisqu'on en parle, ça se remarquait tout de même un peu. Ça aussi, on se passera de détails.

—Voyons, darling, une femme bien éduquée ne reprend pas deux fois du plat principal.
—Vraiment? Eh bien... Savez-vous ce que j'en dis? Qu'au contraire, une femme intelligente doit savoir profiter de sa vie tant qu'il est temps, et de même apprécier un bon repas chez des gens fort aimables et respectables quand l'occasion se présente.
Et sur ce, sans plus mot dire, voilà que Madame se remettait à manger plus encore. Peu importait ; on en avait l'habitude depuis les quelques fois où les Tick étaient venus dîner déjà, et à présent, cela faisait plus rire les convives qu'autre chose.
—Ma foi, avait lancé Jonathan Green, il faut au moins accorder à votre femme qu'elle a de la répartie. Je n'ai jamais vu une épouse répliquer si justement et avec tant d'audace à son propre mari.
—Ça, oui, on ne peut pas dire qu'elle se retienne, avait simplement répondu le mari en question, tout en passant élégamment sa serviette sur ses bacchantes noires. —Puis, en souriant :— Mais après tout, c'est vrai, ça a toujours été comme ça. Elle et moi sommes très complices, vous savez.
Et, comme s'il avait soudain envie de rire de son propre bon mot, il cacha de sa même serviette un autre genre de sourire, cette fois moqueur, presque cruel, tandis qu'il lançait un regard vers sa femme, qui, toute occupée à finir son assiette, ne le remarqua pas.
Le dîner passait sans encombre, comme de coutume. On parlait, en attendant que Madame Tick finisse de manger ses énormes parts, qui, bien évidemment, la retenaient un peu dans le repas... On tenait ces conversations mondaines qui font tout le chic de ce genre de soirées... Oui, tout se passait sans problème, jusqu'à ce que d'un coup, Margaret Green, qui venait de daigner aller sortir ses plus beaux bijoux de leur coffre, afin de les montrer aux invités qui avaient insisté pour les voir, fit irruption dans la salle à manger, le visage très grave.
—On ne bouge plus, dit-elle simplement d'abord, d'une voix forte, à la grande surprise de tous.
—Margaret, commença Jonathan une fois l'étonnement passé, que se passe-t-il, voyons?
Margaret ne changeait décidément pas d'expression.
—J'ai trouvé le coffre vide. Nous avons été cambriolés!
Second moment d'étonnement chez les convives. Comment? Cambriolés? Mais c'était terrible! On ne pouvait donc même plus prendre un repas en sécurité? Certaines femmes se permettaient même de vérifier, sous cape, si leurs effets personnels  à elles étaient toujours là, où s'ils s'étaient envolés eux aussi...
—Voyons, Margaret, risqua Jonathan, tu tires peut-être des conclusions trop hâtives... Peut-être avais-tu simplement mis tes bijoux ailleurs...
—Non, darling, je sais très bien où je garde ces bijoux et ils n'ont jamais quitté leur coffre. D'ailleurs, ils ne sont pas les seuls à avoir disparu. Notre argenterie anglaise non plus n'est plus à sa place.
Jonathan se mit alors à tirer la même tête que sa femme. Là, effectivement, ça devenait sérieux. D'un signe, il sonna un domestique.
—Faites venir tout le personnel. Je veux que toutes les personnes présentes ici ce soir soient rassemblées dans cette pièce immédiatement.

Ainsi donc, on avait rassemblé tout le monde dans la pièce, les domestiques en rang d'oignons d'un côté, les invités de même, de l'autre.
—J'espère, avait osé Jonathan Green avec un air gêné, que vous ne vous vous fâcherez pas trop d'avoir à vous prêter à de telles expériences. Mais compte tenu de l'ampleur du vol, je préfère n'omettre aucun détail. Non pas que nous ne vous fassions pas confiance...
—Mais nous comprenons tout à fait, tout à fait, tout ça est tout à fait normal, avait répondu, au nom de tous, Monsieur Tick, avec un sourire conciliant.
Face à un tel élan de compréhension, tous furent forcés d'approuver. Sur le coup, Jonathan se sentit reconnaissant envers Monsieur Tick, qui par ces paroles sympathiques rendait ses choses plus faciles. Le monde aurait besoin de plus d'hommes aussi aimables que lui, avait-il pensé sur le coup. Cela éviterait bien des malentendus, parfois.
On avait fouillé les domestiques en premier lieu ; rien. On allait être obligés d'y soumettre les invités. Hommes et femmes alors tendirent leurs bras, retournèrent leurs proches, leurs sacs, leurs manches. Toujours aucune traces des bijoux, ni de l'argenterie. Mais alors, où pouvait-on bien les cacher? Non sans une certaine gêne, Monsieur Green ne put réprimer un regard vers Madame Tick : certes elle avait passé le repas à manger, plus que quiconque, mais elle était aussi la seule qui, hormis Margaret, avait quitté la table à un moment, pour aller se "rafraîchir" comme on dit entre gens élégants... Si on osait encore émettre certaines hypothèses... Juste au cas où, bien sûr... Ce n'était sûrement pas de sa faute, mais qui pouvait le savoir... Après tout... Les Tick étaient des gens compréhensifs, ouverts... Pousser la fouille un peu plus loin ne leur semblerait pas si cavalier, probablement... Se décidant finalement, sans crier gare, Monsieur Green vint alors se saisir du bas de la robe de Madame Tick, son sérieux prenant le pas sur un embarras éventuel.
—Excusez-moi, Madame, vous ne m'en voudrez pas si je...
—Eeeeeeeh?!
Grossière erreur. Dans la seconde, sans même avoir pu finir sa phrase, Monsieur Green venait de se prendre une baffe monumentale. Monumentale, oui, sans exagérer, comme si c'était un ours de taille adulte qui venait de le frapper au visage. Lorsqu'il put enfin se remettre du choc et qu'il releva les yeux, la première chose qu'il vit fut une Madame Tick aux yeux larmoyants, au visage outragé et plein de colère, sa main encore dans la position de la gifle qu'elle venait de donner.
—Mais enfin, Monsieur, vous avez perdu la tête?!
La voix haut-perchée de Monsieur Tick tentait de reprendre les choses en main comme elle pouvait.
—Dear me! Pour l'amour du ciel, darling, c'est très malvenu de frapper son hôte!
—Oh... Oui, je sais, excusez-moi, je suis vraiment navrée...
Baissant les yeux et les épaules, Madame Tick gagnait à nouveau en retenue. On pouvait cependant lire sur son visage les restes du traumatisme qu'elle venait de subir... Apparemment, cette femme-là était plus délicate qu'elle en avait l'air... Jonathan Green, sur le coup, se trouva alors bien léger de s'en être un peu trop remis aux apparences. Cependant, alors que Madame Tick, après avoir salué modestement, filait déjà, son époux tourna la tête vers l'assemblée et, avec un sourire faussement navré :
—Je suis désolé, mais je crois que nous allons être forcés de prendre congé pour ce soir. Ne nous en tenez pas rigueur, mais... Enfin, tout cela a été éprouvant pour tout le monde et... Si vous voulez bien nous excuser...
—Bien sûr, répondit Jonathan, encore à se remettre de ses émotions. C'est tout naturel. Et... Sachez que je suis tout à fait désolé, moi aussi, à propos de ce qui vient de se passer... Vous direz bien à votre femme que...
—Aucun problème, aucun problème, mon bon Monsieur, vous n'avez pas à vous excuser. Vous avez eu une réaction normale, tout au plus. Si on me volait, moi...
Mais, dans un air d'aparté, s'approchant davantage de son interlocuteur avec un petit sourire presque compatissant, il ajouta, à voix basse :
—Ceci dit, tout de même, vous admettrez que... Tenter de soulever la robe d'une dame de la sorte... On trouve mieux comme manières, entre gens bien élevés...
Jonathan, qui reprenait à peine son sang-froid, se trouva d'un seul coup encore plus mal à l'aise.
—B... Bien entendu! Excusez-moi, je ne sais pas ce qui m'a pris... Ce n'est pourtant pas mon genre d'être si suspicieux...
—Du tout, du tout, si tout cela est à mettre sur le compte de la suspicion, vous avez bien fait, au contraire. Je suis un peu fâché, à vrai dire, que vous doutiez à ce point de notre bonne foi, mais ça aussi, c'est une réaction normale, après tout.
Et, comme il gagnait déjà la sortie, tout en reprenant son chapeau :
—En tout cas, nous nous reverrons sous peu, je l'espère, Monsieur!
—Bien sûr... Désolé pour le dérangement...
—De rien, de rien! C'est moi qui suis désolé... Je vous souhaite bonne chance pour mettre la main sur votre voleur, n'est-ce pas? Si vous voulez mon avis, un tel méfait tient du crime crapuleux, tout au plus ; un petit margoulin de l'extérieur venu arrondir ses fins de mois à sa manière... Enfin! Qui suis-je pour donner mon avis, n'est-ce pas?
Rire aussi haut-perché que tout le reste. Peut-être un peu trop fort compte tenu de la situation. Il n'avait pas l'air si désolé que ça, le bougre...
—À bientôt, Monsieur! Madame... Messieurs-dames... Bonne fin de soirée malgré tout, si j'ose m'exprimer ainsi...
Ainsi, tout en acquiescant à son salut, Jonathan Green regardait partir Monsieur Tick, encore pensif quant à l'erreur qu'il venait de faire. On ne se comporte pas ainsi à l'égard d'une femme, c'est évident. Cet "à bientôt", il n'y croyait pas trop ; avec tout ce qui s'était passé, il y avait de fortes chances qu'on ne revoie jamais les Tick dans cette maison... Et à raison, après tout, Jonathan et Margaret auraient probablement fait la même chose à leur place. Au moins on se quittait élégamment, sans conflit et sans rancune. Une chance que Monsieur Tick soit quelqu'un de si compréhensif... Accepter un tel affront fait à sa femme avec le sourire, alors qu'ils passaient tous les deux si peu pour coupables... Oui, après tout, cela faisait plusieurs fois qu'ils venaient dîner chez eux... Pourquoi se mettraient-ils à les voler seulement à présent?

Quelques heures plus tard, le couple Tick était finalement rentré à la maison. Si on pouvait encore appeler cela une maison, pour le taudis que c'était. Sur l'un des deux lits de pailles terrés dans un coin à l'ombre, Madame Tick, avec un gros soupir, vint se laisser tomber pour commencer à enlever ses faux seins.
—C'était moins une, ce coup-ci. Encore un de tes plans où on marche sur des oeufs à la fin!
—Tu rigoles? T'as été formidable! Le coup de la femme outragée qui gifle celui qui veut violer son intimité... Du grand art! On dirait que t'as fait ça toute ta vie!
Monsieur Tick, quant à lui, n'en pouvait plus de rire. Depuis qu'ils avaient tourné au coin d'une rue plus sûre déjà et qu'ils se savaient en sécurité avec leur butin. Content de son coup, apparemment, il répandait son hilarité aux quatre coins de la planque. Madame, elle, ne paraissait pas si enthousiaste.
—Oui, ben j'aimerais bien t'y voir! J'en ai marre de faire la femme! La prochaine fois, c'est ton tour!
—Dis pas n'importe quoi, t'es parfait en femme. Et puis, chez eux, c'était la dernière fois qu'on venait, maintenant, le travail est terminé! On va pouvoir se changer un peu les idées, tu verras.
De son côté, Monsieur retirait sa moustache et la rangeait dans un meuble. Amassés au centre de la pièce, trônant entre les plis de la robe si ample de Madame Tick, se trouvaient les bijoux, l'argenterie de luxe et, tant qu'on y était, tout le liquide qu'on avait pu trouver à sa portée dans la pièce. Margaret ne l'avait même pas remarqué. D'ailleurs, on pouvait presque dire que personne n'avait rien remarqué. Monsieur Tick fut pris d'un nouvel éclat de rire.
—Ces idiots... Ils ont tout gobé sans discuter, et ils nous ont laissé filer! Tu te figures ça? Un rien, et paf, on abandonne tous soupçons! Tu parles d'une belle paire de simplets...
—Oui, ben heureusement.
—Mmh?
Silence. L'un tournait la tête vers l'autre, ouvrant des yeux ronds, l'air de ne pas comprendre.
—Heureusement que c'en sont, des simplets. Sinon, à l'heure qu'il est, on se serait déjà fait coffrer.
—Voyons... Tu dis des bêtises. On s'en serait tirés, tu sais bien. On s'en tire toujours.
—Ouais, ben y a quand même des fois où...
Froncement de sourcils.
—Qu'est-ce que tu veux insinuer, hein? Que mes plans sont mal ficelés? Tout se passe toujours très bien, je te dis, toujours. Jamais un accroc... Quelques broutilles, tout au plus!
—Ah, vraiment? J'ai une femme à Las Vegas à cause de toi, salaud, t'appelles ça une broutille?!
—Oui, bon... Tu ne la vois plus de toutes façons, si?
—C'est pas le problème!
Le petit gros se tourna vers son ami et le considéra avec yeux qui, cette fois, brillaient d'une vraie peine.
—Ramune... Je commence à en avoir gros sur la conscience.
Silence.
—...À ce point-là?
—Oui. J'ai peur.
—Oui, mais... Tu as toujours peur, toi!
On se forçait à sourire, faussement, juste peut-être pour essayer de se persuader que ce n'était pas si grave. Essayer, je dis bien, parce qu'en vérité, on n'arrivait pas à grand'chose.
—Non, mais là, j'ai vraiment... Enfin, beaucoup plus peur que d'habitude... Tu es vraiment sûr et certain que ça va aller, pour nous...?
Ramune soutint le regard de son ami, l'air grave, lui aussi. Il prenait ses craintes au sérieux, bien sûr. Il aurait aimé pouvoir le faire vivre autrement, mais pour l'instant, dans un monde pareil, truander pour se faire du fric lui avait paru la meilleure solution... Une solution provisoire, simplement histoire de mieux vivre après... Tout ça ne durerait pas, bien sûr, c'était juste pour... Pour leur avenir, à tous les deux...
—Je peux pas me permettre de te décevoir. Dans ce cas, c'est une promesse que je te fais.
—Tu promets?
À la vue des yeux de chien battu de son ami, Ramune fut pris d'un de ces sourires tendres qu'il ne pouvait parfois pas retenir.
—Mais oui, Boke. Ça va aller. Bientôt, si ça se trouve, on n'aura même plus besoin de voler, d'ailleurs! Il faut juste être un peu patient. Dans la vie, pour se hisser quelque part, parfois il faut faire des choses moches, dont on n'est pas toujours fier... Ceci dit, ce n'est pas non plus comme si on volait n'importe qui, pas vrai? Sérieusement... A-t-on déjà volé quelqu'un qui ne soit pas un nanti ou un malhonnête?
Pas de réponse. Un vague "mmh" peut-être. Ramune dut se répondre tout seul.
—Non. Tout ce qu'on a fait dans ce domaine, on l'a fait en Robins des Bois. On a juste gardé le pactole pour nous, c'est tout... C'est là que s'arrête le conte.
Calpis restait perplexe. Tout ce qui importait à Ramune, c'était qu'il ne soit pas trop malheureux. Ni inquiet. On n'arrivait à rien avec l'inquiétude, et puis, si Calpis était inquiet, Ramune ne se sentait pas très bien non plus. Tous deux s'étaient couchés à présent, et la lumière ne tenait plus qu'à une petite lampe de peu d'énergie, dans le coin d'un des lits de paille. Ramune passa une main sur le crâne chauve de Calpis.
—Allons, Boke, il est temps de dormir, maintenant. Te fais pas trop de mouron, d'accord? Passe une bonne nuit... Demain est un autre jour.
—Mmh...
—Allez... J'éteins, d'accord?
—Mmh.
—Bonne nuit, mon gros.
Switch off.


••• Afrique Noire •••

Les années continuaient de passer et on ne se fixait pas. On n'avait même pas de projets précis. C'était trop difficile de s'en forger un, quand on avait toujours vécu au cas par cas. Peu importait. Calpis et Ramune continuaient à vivre et étaient bien heureux comme ils étaient. Toujours ensemble, quoi qu'il arrive...

Ce fut finalement Ramune, un jour, qui proposa à son ami qu'ils aillent tous les deux se faire une place comme assistants vétérinaires pour un scientifique qui partait pour l'Afrique —Albert Koho, en fait. Ça faisait "explorateurs", et puis l'employeur n'était pas trop exigeant quant aux capacités... Ainsi, Calpis et Ramune s'embarquèrent pour l'Afrique. Ensemble comme toujours. Sur place, malgré leur côté gauche, bêta et un peu poltron face aux animaux, ils surent montrer un certain entrain au travail, une compétence due à la motivation et une gentillesse certaine et agréable. Ils aidèrent Albert, notamment, à soigner la maladie des taches cadavériques qui sévissait parmi le règne animal du coin, et furent des premiers à fabriquer une seringue grand modèle pour un éléphant, avec les matériaux qui se trouvaient à leur portée.

De ce côté-là, il y a bien une anecdote qu'il faudrait citer. Le fait fut qu'à un certain moment Calpis s'était mis à l'intérieur de la seringue, creusée dans un tronc d'arbre du coin, pour tirer l'un des fûts de bambous qu'ils avaient préparés à l'intérieur, et que Ramune et Moustache, qui travaillaient alors ensemble de leur côté, s'étaient chargés de pousser... Et avaient poussé le fût jusqu'au bout. Lorsqu'Albert leur signala qu'il n'avait pas vu Calpis en sortir avant qu'ils ne le fassent, Ramune crut son ami mort par sa faute et fondit en larmes. Cela avait duré quelques bonnes heures de déprime complète, avant que Calpis ne réapparaisse derrière lui en lui demandant pourquoi il pleurait ainsi.
—C'est à cause de moi que tu pleures? Arrête, sinon je vais pleurer aussi!
—T'es... T'es vivant! Oh, Calpis, t'es vivant... Mais par où t'es sorti?!
Calpis avisa alors un gros trou creusé à l'arrache dans le fond, qui lui avait sauvé la vie, mais complètement ruiné leur travail d'élaboration d'une seringue géante ; ce système D lui valut une nouvelle engueulade par Ramune, ce dernier à peine remis des évènements :
—'Faut vraiment être débile pour faire un trou de cette taille dans la seringue!
Dans ce même temps, on avait décidé de tirer de tirer à la courte paille parmi tous les hommes de l'équipe qui irait vacciner le bébé éléphant touché qu'ils avaient repéré sur les lieux. La tâche ne s'avérait en effet pas simple : autour de l'animal se trouvait tout le troupeau en colère, manifestement prêt à protéger, quoi qu'il leur en coûte, leur petit, et donnant déjà des défenses dans l'air. Calpis fit partie des malheureux frappés par le sort. Et l'idiot qu'il est croyant qu'il s'agissait d'un tirage de loterie et qu'il avait gagné, il sauta de joie immédiatement. Consternation de Ramune.
—Pourquoi il se réjouit, cet idiot? C'est lui qui va devoir se ruer au milieu d'un troupeau en furie pour faire la piqûre...
Effectivement, les trois hommes envoyés au bébé éléphant faillirent bien y laisser des plumes. Frappés tous trois de plein fouet par la défense d'un mâle, père de l'éléphanteau qu'ils venaient de réussir à vacciner, ils restèrent un moment sonnés, tombés dans les herbes hautes, alors que les éléphants, effrayés par les autres hommes qui commençaient à tirer —à blanc—, battaient en retraite, forcés de laisser le petit, trop affaibli par la maladie pour se déplacer, étendu à terre derrière.
—M'sieur Moustache! Calpis! Vous allez bien?
Ramune avait été, bien évidemment, l'un des premiers à se précipiter vers les courageux blessés, pour se rendre compte de leur état. Calpis ne répondait rien, allongé par terre, perdu dans de longues respirations.
—Eh! Who! Réponds-moi, vieux! Tu as mal? Il t'a planté, avec son...?
—Même pour 100 000 yen, je ne le ferai plus.
C'était tout ce que le petit gros avait été capable de dire à ce moment-là. Et Ramune, rassuré, avait finalement souri, tout en l'aidant à se relever :
—Allez, courage... Ils sont partis, tu peux revenir.


••• Mont Moon •••

Quand on reparle de l'histoire d'Albert Koho, père de Tamao, ancien patron de Calpis et Ramune, il faut aussi reparler de cela. En effet, Calpis et Ramune furent de ceux qui participèrent à l'expédition pour récupérer la pierre Moonlight sur le Mont Moon, et frôlèrent réellement la mort. En réalité, ils ne furent que trois ou quatre à survivre sur la vingtaine de chercheurs à avoir pris part à cette opération. Les quelques jours qu'ils passèrent dans le Mont Moon furent conséquents pour eux. Calpis et Ramune ne se quittaient pas des yeux, au début, quand les tempêtes de neige ne leur ôtaient pas encore la faculté de regarder autour d'eux. Et jour comme nuit, Calpis vérifiait si Ramune n'était pas mort, et Ramune se faisait un devoir moral de protéger Calpis. Quand le soir venait, on avait parfois à dormir à flanc de montagne, en s'accrochant solidement à des rochers plus pointus, seul moyen de s'assurer une survie, bien mince, il faut l'avouer.
—Il a le sommeil agité, alors j'ai peur qu'il tombe.
Si toute cette terrifiante aventure était loin d'empêcher Calpis de dormir comme un bébé, Ramune, en revanche, ne trouvait pas le sommeil. Il passait son temps à regarder Calpis, ayant en tête l'idée fixe que s'il s'endormait il arriverait malheur à son ami. Et en effet Calpis avait le sommeil agité.
—Eet voilà, j'en étais sûr... ATTENTION!
En essayant de le rattraper à la moindre alerte, la grande asperge gauche finissait par tomber elle-même, et c'était Calpis qui, réveillé par ses cris, le remontait, sans rien comprendre à ce qui s'était passé avant.
—C'est ça, fais encore plus de bruit! Je dormais bien, moi!
—Ah, c'est comme ça? Ah ouais? Ben si tu tombes encore... Ne compte pas sur moi pour te rattraper!
—Sur moi non plus!
À ces jours-là encore ils nourrissaient un certain espoir de vie. Par la suite tout se fit de plus en plus noir. À mesure que le froid devenait vif, on sortait les tentes, on ne voulait plus prendre de risque. Et le soir, Ramune écrivait. Et Calpis regardait.
—Qu'est-ce que t'écris, dis? ...Ton testament? C'est affreux, ce que tu écris là!
Et il prenait le papier pour le lire. Tout cela l'émouvait aux larmes.
—"Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour moi. Conscient de ne pas revenir vivant, je lègue tout à ma soeur..." ...Pauvre vieux. Il me fait pleurer. Je m'occuperai de tout après sa disparition...
—C'est TON testament, pas le mien! avait répondu cruellement Ramune, avec énervement et frustration mêlées. Je l'écris à ta place parce que tu n'es pas diligent à écrire.
—Mon testament...?
Cela bouleversait encore plus Calpis.
—"Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour moi. Conscient de ne pas revenir vivant, je lègue tout à ma soeur... J'aurai ma tombe sur la colline où je suis né..."
...Et il s'endormait en pleurant, réveillé régulièrement en hurlant par des cauchemars où il se voyait mort, sous les engueulades de ceux qui voulaient dormir.
Les derniers jours étaient un véritable enfer. On marchait dans la neige, on ne voyait pas où on allait, et on en venait à ne plus savoir qui était vivant ou pas. Passaient les avalanches qui emportaient trois hommes, les ravins dans lesquels en tombait un de plus ; certains devenaient fous et partaient tout seuls de leur côté, ou alors poussaient l'aliénation jusqu'à tuer un de leurs camarades ; certains mouraient tout simplement de froid... On entendait seulement dans le grand vent glacés les cris de terreur de ces gens au bord de la mort. Calpis et Ramune se crurent mutuellement morts à de nombreuses reprises, et de temps en temps, pleuraient pour l'autre, alors qu'il marchait à côté, mais qu'ils ne se voyaient pas.

Un jour enfin le jour se releva. Un jour, on-ne-sait comment, en bas de la montagne, sur un plateau rocheux qui laissait enfin voir la jungle si belle et riche qui avait tant manqué à tous les explorateurs, Ramune croisa enfin de nouveau un visage connu. Lorsqu'il arriva sur le plateau, Moustache, qui avait courageusement soutenu ses compagnons tout le long de l'aventure et sans relâche, un homme probablement des plus admirables de toute cette équipe, Moustache donc, se tenait au rebord, emmitouflé dans une épaisse fourrure blanche, et les yeux perdus dans le vague, regardant l'horizon d'un vert qui s'avérait pour eux une véritable bénédiction. Fini le blanc, enfin de la couleur...
—M... Monsieur Moustache.
Moustache s'était retourné en souriant. Il avait reconnu la voix. Repoussant un large pan de crinière blanche, le vieil homme accueillit le grand maigre dans un souffle.
—Ramune. Alors comme ça, tu es vivant toi aussi? Dieu te bénisse, mon gars...
—M'sieur Moustache, si vous saviez ce que je suis content de vous revoir...
Arrêt sur la fourrure blanche. La crinière. La forme. Le poil. Il avait connu tout ça déjà depuis longtemps, depuis qu'ils étaient arrivés en Afrique, lui et Calpis.
—Cette peau, c'est...
—Oui, avait acquiscé le vieil homme en soupirant tristement. C'est Leo. On était au bout du rouleau, on ne voyait plus personne, et il m'a dit qu'était à présent aveugle et inutile, il m'offrait de le tuer pour que je prenne sa fourrure et sa viande.
Moustache s'était alors arrêté un moment. On sentait dans son regard une expression de véritable deuil et d'horreur, de regret, face à une chose passée. Ramune se sentait terriblement mal à l'aise.
—Je ne voulais pas... Je ne cessais de refuser... Mais il m'a forcé, il m'a dit que si je ne le tuais pas, ce serait lui qui me tuerait... Et... Et il... M'a sauté dessus pour m'égorger... J'avais le couteau qu'on m'avait laissé dans la main... Je...
—M'sieur Moustache, je...
Grand silence à la fois embarrassé et recueilli. Moustache avait l'air rongé de remords et de ce terrible souvenir, et Ramune ne savait pas comment l'amener à se ressaisir. Il ne savait tout simplement pas quoi dire... Normal, après tout. La phrase passe-partout était sortie. Évidemment, il n'avait pas pu faire autrement.
—...Je suis... Désolé.
—Il me reste une bonne part de sa viande que j'ai gardé dans mon paquetage. On la partagera, tous les trois.
—Tous les... Trois?
Ramune avait alors été ramené à toute l'horreur de la situation. Il ressortait miraculeusement d'une affreuse montagne fantôme qui avalait les hommes un par un, et tout aussi miraculeusement il avait survécu. Il s'agissait après tout et bel et bien d'un privilège miraculeux, ça ne faisait aucun doute, puisque pour l'instant, en tout et pour tout, trois hommes seulement étaient encore vivants... Le désespoir commençait à l'atteindre alors qu'une pensée le traversa : et Calpis alors? Et Calpis, il était mort aussi? Il était vraiment mort alors?
—M'sieur Moustache! Bécile et Prominence sont encore vivants?
—Je ne les ai pas vus, avait répondu Moustache en baissant la tête avec cette même expression de deuil. Je ne suis pas très optimiste quant à ce qui est advenu d'eux.
—Pierre? Ce gars du pays B, là...
—Il devenait fou. Il a du s'en aller tout seul. Lui non plus, je ne donne pas cher de sa peau.
—Mais... Mais... Et le docteur Moins?
—Je l'ai vu de mes yeux mourir. Le froid...
—Mais alors...
Ramune continuait sa liste de nom dans un ton furtif, désespéré, perdant un peu plus son calme à chaque fois. De nom en nom, Moustache annonçait toujours un nouveau mort. Pourtant, le grand gars n'osait pas, jamais, mentionner le nom qui l'inquiétait le plus. Le nom qui comptait le plus à ses yeux. Tout simplement par peur d'entendre ce qu'il ne voulait absolument pas entendre. Cependant Moustache, qui devait ne plus supporter d'énumérer les macchabées de la sorte, avait fini par couper court pour annoncer les vraies bonnes nouvelles :
—Oh, mais tout cela n'aura pas servi à rien. Du moins c'est ce que le docteur Moins disait. On a trouvé la Moonlight et on a les documents pour la postérité. Enfin, moi, ça me fait bien rigoler, je vais te dire. Tant de vies sacrifiées pour une bête petite pierre... Enfin, tu sais, ce n'est pas le plus important. Le plus important, c'est qu'il y a encore quelqu'un de vivant avec nous ici!
Comme en parfait timing, un timing tout à fait théâtral, un petit gros éberlué était arrivé par le côté sur le plateau. Laissant en face de lui une grande asperge tout aussi éberluée. Les deux âmes soeurs se regardèrent pendant un instant, uniquement capables de monosyllabes murmurées, sans pouvoir bouger un muscle, protégés dans leur apparition mutuelle par le sourire bienveillant de Moustache, et lorsqu'enfin les larmes commencèrent à parler au coin de leurs yeux, ce fut comme un réveil, et ils accoururent dans les bras l'un de l'autre, en hurlant leur joie chacun à leur manière. Calpis était en larmes. Ramune riait aux éclats. Et leurs mots s'entrechoquaient tant ils avaient de choses à se dire.
—Ramune! Ramune, t'es vivant!
—Boke! Je te croyais mort...
—Je... Je suis tellement heureux!
—Moi aussi! Mais enfin... Tu pleures, idiot, allez, arrête de pleurer! Rigole, Boke! On est heureux tous les deux, alors rigole, bon sang! Rigole! Arrête de pleurer…


••• Koho-sama •••

Après leur survie miraculeuse au Mont Moon, Calpis et Ramune étaient si reconnaissants à la vie que plus rien ne leur semblait une tâche difficile. C'est pourquoi, à leur retour même, ils firent voeu de rester près d'Albert, qui avait eu raison depuis le début à propos des dangers de cette expédition.

Calpis et Ramune étaient alors plus jeune d'une petite dizaine d'années que le vétérinaire, et ils l'admiraient beaucoup, ils étaient certains de son assiduité, de sa bonne foi, et comptaient l'aider encore longtemps. Ils restèrent à la réserve tout le temps de son essor. Ils assistèrent au mariage d'Albert et Sachiko, apprirent avec beaucoup de peine la mort de cette dernière et avec un étonnement candide la naissance de leur enfant, puis son enlèvement, et puis vint la mort d'Albert à son tour, qui fut extrèmement douloureuse pour eux, qui avaient si longtemps été ses collègues et ses amis. Albert, de son vivant, avait prévu que sa mort pouvait arriver n'importe quand, et avait réparti son legs entre ses assistants : les deux compères héritèrent, entre autres, de son hélicoptère, celui que les employés de la réserve avaient longtemps utilisé pour survoler la savane, et qui garda cet usage mais auquel s'ajoutèrent d'autres. Ils tiennent énormément à ce précieux héritage, dernier souvenir de cet homme admirable pour eux. Par ailleurs Albert, avec les affaires, avait fini par se faire une petite fortune et possédait une propriété dans son pays natal, le Japon... Ils héritèrent donc également de cette grande maison luxueuse, dans laquelle ils résident une partie de l'année, lorsqu'ils ne sont pas au travail en Afrique. Et puis ils avaient promis devant témoins qu'ils continueraient avec les autres assistants et d'éventuels volontaires, à s'occuper de la réserve. C'était une chose indispensable, leur passé, leur présent, et ça resterait leur avenir.
Restait malgré tout un certain problème. La paperasse de Dandy, qui exigeait un héritier de sang, était la preuve écrite, une saloperie de preuve écrite, qu'un jour viendrait où ils auraient à abandonner la réserve à un sale type. Évidemment, la mort de l'enfant d'Albert, était un malheur moral qui avait beaucoup fait souffrir, pour sûr, mais elle signifiait ça, aussi. Un mauvais destin pour la réserve. Décidément, cette mort n'avait rien eu de positive. Un sale coup du destin. Comme si tout avait été planifié à l'avance pour aller au profit de Dandy. Et à vrai dire, ils ne croyaient pas si bien penser. Et ils l'apprirent par un autre petit coup du destin, un de ces trucs qui arrivent par hasard... Oopas.

En effet, si naïvement gentils qu'ils étaient au demeurant, ils cherchèrent à retrouver les débris du malheureux fils d'Albert, rien que pour lui offrir une sépulture, à ce petit corps mort trop vite. Ce geste qui aurait pu paraître une broutille les conduisit à découvrir eux-même le pot aux roses de Dandy... En effet, les recherches dans la jungle n'aboutirent à rien sinon à des restes de boîtes d'oignons en conserve, de sauces diverses de couleur rouge et brune, et du plastique. Ces matériaux dataient déjà d'un bout de temps, mais ils mettaient longtemps à se dégrader dans la nature... Une grossière étourderie de la part des hommes de main d'Adam Dandy, petit souvenir du jour où ils avaient couvert le bébé de viande hachée, de tomate et autres aliments pour le transformer en cadavre. Une étourderie qui leur coûta cher, car Calpis et Ramune, perplexes, menèrent leur petite enquête sur la provenance de ces produits, ce qui les conduisit à un magasin, puis à des clients du magasin, à des dates, à quelques commentaires utiles... Puis à Adam Dandy. Ils savaient, pour leur part, pour ce contrat que le gros proprio avait passé avec leur employeur un jour. Ils voyaient là un mobile. Ils commençaient à y voir plus clair...
De fil en aiguille, si bêtas qu'ils étaient, ils finirent par tout comprendre. Que Dandy avait mis en scène la mort de Tamao, qu'il s'était ainsi débarrassé de l'héritier gênant... Mais il y avait un hic : pourquoi ne pas l'avoir tué tout simplement? Ça restait une chose que Calpis et Ramune ignoraient, que Dandy ne tuait jamais par principe. Cela les amena, dans un élan d'optimisme, à une dernière hypothèse : peut-être que l'enfant était encore vivant, quelque part, dans le monde! Même si, finalement, la façon dont ils ont retrouvé Tamao, on en le sait pas vraiment, et ça reste un petit miracle : un gamin dans le monde, sur des milliards de têtes, un seul gamin dans l'infinité intersidérale, ça ferait presque peur, non...?

Calpis et Ramune s'étaient occupés pendant des années de la réserve en tant que suppléants d'Albert durant cette période de flottement durant laquelle ils étaient tranquilles. Ils faisaient part de leurs espoirs aux contacts plutôt nombreux qu'ils s'étaient faits alors qu'ils bossaient et allaient encore un peu partout. Sans trop y croire... Ils se disaient surtout qu'ils n'avaient qu'à rester ensemble et s'occuper de la réserve tout le temps qu'ils pourraient, sans trop penser au futur, et tout irait bien encore au moins une petite vingtaine d'années...
—Nee, Ramune...
—Qu'est-ce que t'as, Boke?
—...Dans vingt ans, on sera peut-être morts, aussi.
Un jour où, au hasard de leurs conversations pour fuir l'ennui, Calpis avait fait part, timidement, de ses inquiétudes existentielles à Ramune, ce dernier avait éclaté de rire et avait un shampooing à la tête chauve de son ami, avec un optimisme sensible :
—À notre époque, on vit longtemps, idiot! Et puis deux gars comme nous, qu'avons survécu au Mont Moon... Tu crois vraiment qu'on peut mourir à présent qu'on est tranquilles?
Calpis avait répondu qu'on ne savait jamais. Et Ramune avait conclu en lui souriant franchement, avec une tendresse qu'il avait prise pour lui force de leur amitié :
—Tant qu'on est ensemble, on n'aura pas de problèmes, vieux, ça, je te le promets.
Et Calpis n'avait plus rien dit à ce propos. Plus d'inquiétudes existentielles, pendant des années.
Donc, les années avaient passé. Et puis le hasard avait frappé. Le Grand Hasard qui survient parfois on-ne-sait trop comment. Mais il était là, et bon sang, quel hasard, à vous faire croire que décidément, le monde est bien petit. Depuis l'Afrique, leur maison depuis des années, leurs yeux s'étaient posés sur Tamao, de nom de famille déclaré "Alejo", un enfant du Japon, d'un autre continent, mais après tout du continent d'origine de son père, et qui de surcroît lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Ils sentaient sur cet enfant-là quelque chose. Ils en avaient vu d'autres pourtant, parfois ils ne sentaient rien, parfois ils sentaient quelque chose aussi, et puis ils se rendaient compte qu'ils s'étaient trompés, et ils retournaient à la réserve, jusqu'à ce qu'un autre enfant peut-être passe sous leurs yeux et qu'ils se posent à nouveau cette question irréaliste : "Et si c'était son fils?"
Ils confièrent la réserve aux assistants. Ils allèrent voir la famille. Ils apprirent que le fils était parti étudier ailleurs, dans une autre école loin de leur ville. Ils expliquèrent alors la vraie raison de leur visite, les faits, les noms, les dates, tout, et ne se turent pas avant d'avoir tout bien expliqué. Surpris de savoir à quel point ils semblaient au courant, les parents Alejo n'avaient même pas chercher à justifier un mensonge. Ils avaient parlé. Tamao avait été adopté, leur avait bien été confié par un certain Adam Dandy. Ils feraient ce qu'ils voudraient, du moment qu'on ne leur enlèverait pas leur fils, avaient-ils ajouté. Ils aimaient vraiment Tamao. Ils n'avaient que cet enfant-là. Qu'on ne le prenne pas loin d'eux. Calpis et Ramune avaient bien des devoirs... Mais ça ne les empêchait pas d'avoir des scrupules. Ils répondirent qu'ils y réfléchiraient, qu'ils feraient tout leur possible, qu'après tout on pourrait se débrouiller... En tout cas ils demandèrent aux parents Alejo d'écrire, de dater et de signer un document certifiant qu'ils admettaient que Tamao n'était pas leur fils biologique, et qu'ils déclaraient devant la loi qu'ils le laisseraient devant l'état-civil, si besoin était, être à considérer comme l'héritier légitime d'Albert Koho. Ils les rassurèrent, en leur promettant de les protéger si Dandy tentait des représailles. Encore une fois, ils étaient bien optimistes. Mais mieux valait ça que le contraire, non? Et puis après tout, ils avaient survécu au Mont Moon, comme Ramune aimait à le répéter dans les moments de crainte... Quoiqu'il arrive, il leur serait toujours arrivé pire.

Alejo finit par accepter. Les deux parents signèrent, mais ajoutèrent sous cape que ce ne serait sans doute pas assez comparé à la paperasse qu'il semblait y avoir derrière tout ça... Le père Alejo était un homme perspicace. Calpis et Ramune reconnurent aisément qu'il avait raison... Mais que dire? Pour Ramune en particulier, tout était clair. Et Calpis comprit vite ce que son ami pensait.
—Il faut aller le chercher là-bas.
—Et qui te dit qu'il va nous croire? C'est vraiment une histoire de fous, ce qui lui est arrivé. Et puis, c'était encore un bébé!
—T'as une meilleure idée? La paperasse de Dandy est une sacrée arme dont il se sert depuis longtemps. On ne peut pas lutter contre ça. 'Faut trouver l'héritier!
Calpis, malgré ses premières réticences, avait fini comme toujours par suivre son ami là où il comptait aller. Et puis, après tout, pour lui, qui avait l'âme gentillette et aimable avec les nouvelles connaissances, la curiosité poussait un peu à l'envie de connaître ce fameux fils qu'ils avaient tant cherché, et qu'ils avaient enfin trouvé. Ce n'était pas n'importe qui!

Et ils avaient trouvé Tamao. Mais ce dernier n'avait pas réagi exactement comme ils le voulaient. Pour le moment il ne disait rien, ne reconnaissait rien. Calpis et Ramune, malgré leur déception, ne pouvaient pas dire qu'il ne fallait pas s'y attendre. 'Fallait être réaliste. D'un autre côté, ils avaient un peu de temps devant eux. Et puis, ce qui comptait, c'était de protéger deux choses : la réserve, et ce fils, d'Adam Dandy. Alors, qu'il le veuille ou non, qu'il s'accepte comme héritier et qu'il croie à son passé ou non, Calpis et Ramune résolurent de rester avec lui.
—Et la réserve? avait demandé Calpis. Qui va s'en occuper? On ne peut pas être en Afrique et au Japon à la fois.
—On ne va tout de même pas se quitter, avait répondu Ramune. On n'a qu'à la confier aux assistants. Ils s'en occuperont tout aussi bien que nous.
—Et nous alors? On reste, c'est entendu, mais on fait quoi?
—On se débrouillera. On se débrouille toujours.
Le jour de cette conversation, où ils avaient pris leur décision, Ramune avait laissé un temps avant de continuer sa phrase.
—...On n'a qu'à se faire profs!
—T'es pas fou?!
—On verra.

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